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POP | Plateforme ouverte du patrimoineFour à chaux et débarcadère de Manapany
Four à chaux et débarcadère de Manapany



Référence de la notice
PA97400165
Nom de la base
Patrimoine architectural (Mérimée)
Producteur
Monuments historiques
Date de création de la notice
25 février 2026
Date de dernière modification de la notice
4 mars 2026
Mentions légales
© Monuments historiques. Cette notice reprend intégralement les termes de l’arrêté de protection au titre des Monuments historiques. Elle répond à l’obligation réglementaire du ministère de la Culture d’établir la liste générale des édifices protégés (art. R. 621-80 du Code du patrimoine). Elle est donc opposable et fait foi juridiquement. Aucune copie numérique ou papier ne sera fournie par courrier ni courriel. Le dossier de protection complet et l’arrêté sont consultables uniquement sur place, dans la salle de lecture de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie (MPP), à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne).
Désignation de l'édifice
Titre courant
Four à chaux et débarcadère de Manapany
Producteur
Monuments historiques
Dénomination de l'édifice
four à chaux ; débarcadère
Localisation au moment de la protection ou de l'étude
Localisation
La Réunion ; La Réunion (974) ; Saint-Joseph ; Manapany-les-Bains
Lieu-dit
Manapany-les-Bains
Références cadastrales
2026 parcelle non cadastrée du domaine public maritime
Historique de l'édifice
Siècle de campagne principale de construction
Année(s) de(s) campagne(s) de construction
1852 ; 1853
Description historique
Le four à chaux a été construit en 1852, également par Guy de Ferrières et Julien de Rontaunay, aussi propriétaires d'une usine sucrière à Manapany. Ceux -ci sont en effet associés depuis 1850 et ont racheté l'usine Leclerc sur la rive droite de la ravine Manapany, à laquelle ils ajoutent ensuite une guildiverie. En 1857, Julien de Rontaunay revend ses parts à Charles Guy de Ferrières et Anicet Orré qui conserve l'usine sous le nom de Caprice Orré.
Le four à chaux, alimenté par le corail présent débarqué depuis les petits lagons de Grande Anse et Grands Bois, sert ainsi au fonctionnement de cette sucrerie, la chaux étant employé dans le processus de filtration du jus de canne afin d'éliminer les impuretés. Il est aussi utilisé pour la construction du débarcadère par ces mêmes entrepreneurs, ainsi que pour plusieurs bâtiments industriels et communaux à Saint-Joseph.
Le milieu du XIXe siècle est marqué par la multiplication des marines le long du littoral réunionnais en raison des difficultés du transport routier avant la mise en place du chemin de fer. Ces établissements de batelages, fonctionnant grâce à des jetées en mer, permettent le transport des marchandises entre différentes rades de mouillage. La rade de Manapany sert ainsi au commerce et au ravitaillement de ce secteur du sud de La Réunion mal desservi par la route.
Le débarcadère de Manapany est construit sur une pointe en contrefort rocheux fermant la baie. La création de marines devait être autorisé par le gouvernement, en raison de l'installation sur les pas géométriques. Julien de Rontaunay et Guy de Ferrières reçoivent ainsi l'autorisation de construire un embarcadère et un magasin d dépôt par arrêté du 17 mars 1853, avec permis de s'établir sur les pas géométriques. Julien de Rontaunay était déjà propriétaire d'une société de marines, il a construit le Patent Slip à Saint-Paul à partir de 1851.
L'établissement de Manapany est resté peu d'années en fonction. On ne constate en effet plus de traces de cet établissement dans les rapports de relevés de marchandises de sociétés de batelages datant des années 1880. Le gouvernement colonial a depuis 1868 la volonté de supprimer des établissements de batelage afin de diminuer le nombre de rades ouvertes à la navigation. Il s'agit de centraliser les opérations maritimes dans les rades de Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre. Ainsi les sucres produits de Saint-Philippe à l'Etang-Salé sont transportés par voie routière à Saint-Pierre. L'autorisation de la marine de Manapany est révoquée le 13 août 1869.