Historique de la collection
La naissance du musée se situe en 1840. Les neuf tableaux que possède la Ville depuis son établissement dans l’Évêché sous la Révolution sont rassemblés dans une salle pompeusement dénommée « musée ». Aussi modeste soit-il, le musée suscite, dès cette année-là, à la fois les dons et les dépôts de l’État. En 1866, le premier conservateur est nommé par le maire de Castres.
Le transfert de la bibliothèque, en 1887, donne lieu à une extension du musée (trois salles). Une troisième édition du catalogue est publiée ; on dénombre alors quatre-vingt-dix-sept tableaux, quarante et un bustes et statues, vingt-cinq gravures et une galerie historique du pays castrais composée de soixante-dix-sept portraits. Les collections du musée de Castres sont alors éclectiques à vocation encyclopédique.
En 1893, Pierre, fils de Marcel Briguiboul, grand collectionneur et artiste originaire de Castres, lègue à la Ville un ensemble exceptionnel d’œuvres d’art ayant appartenu à son père. Les trois chefs-d’œuvre de Francisco de Goya, l’Autoportrait aux lunettes, le Portrait de Francisco del Mazo et la Junte des Philippines, entrent ainsi au musée en compagnie de 72 objets dont 16 tableaux, des meubles, des armes et des tapisseries. Ce legs est à l’origine de la vocation hispanique du musée. De Goya, le musée conserve également l’ensemble des quatre séries gravées : « Les Caprices », « la Tauromachie », « les Proverbes » et « les Désastres de la guerre », présentées régulièrement lors d’expositions temporaires.
La période de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle correspond à de grandes donations : Kermainguy, Jumel de Noireterre, Batut… Le musée est alors à l’étroit, il ferme une année entière en 1909 pour travaux de réfection et d’agrandissement. A sa réouverture il présente : 154 tableaux, 26 aquarelles, 42 statues, sept bustes, quatre bas-reliefs, 121 estampes, disposés dans onze salles. Avec la Première Guerre mondiale, une période de repli s’instaure ; les grands dépôts de l’État deviennent très rares pour s’interrompre jusqu’en 1949.
En 1941, la Ville de Castres entreprend la rénovation du musée et la Société des amis des musées est créée. Lors de ces travaux est mise à jour dans la salle des États diocésains, la frise des blasons des évêques de Castres de 1317 à 1802. Le 17 juin 1945, le musée, complètement mis à neuf est inauguré par René Huyghe. En 1947, en accord avec les instances de l’État et de la Ville, le musée de Castres prend alors le nom de « Musée Goya » et oriente ses collections autour de l’art hispanique. En 1949, une série de dépôts prestigieux vient préciser cette vocation hispanique. Parmi ces dépôts, nous trouvons deux toiles essentielles : le « Portrait de Philippe IV » par Velázquez et « la Vierge au chapelet » de Murillo. La galerie du Siècle d’Or consacrée aux œuvres du XVIIe siècle est ouverte au public en 1956. Plus récemment, faisant suite à la salle Goya, une salle sur le XIXe et le XXe siècle est aménagée, elle regroupe des artistes majeurs de cette période que certains historiens ont qualifiée d’Âge d’argent. Les grandes expositions qui ont débuté dans les années 1970 ont fait connaître le musée Goya au plan national et international. Sa collection de peinture hispanique, la deuxième après le Louvre est désormais reconnue dans le monde entier. Le musée de Castres qui n'a cessé de s'enrichir depuis sa création et plus particulièrement ces vingt dernières années grâce à une politique d’acquisition dynamique de la Ville.