Intérêt du bâtiment
Ancien palais épiscopal, résidence des évêques de Beauvais, comtes de la ville et pairs de France, ensemble architectural édifié au pied de la cathédrale de Beauvais au XIIe siècle par Henri de France, frère du roi. Il a été bâti sur le rempart romain. Au XIVe siècle, pour affirmer son autorité suite à une émeute des habitants de la ville, l’évêque Simon de Clermont-Nesle fait ériger une entrée fortifiée munie de deux tours. Deux siècles plus tard, le logis principal est reconstruit par l’évêque Louis Villiers de l’Isle Adam dans un esprit Renaissance tout en conservant une décoration caractéristique du gothique. Sa façade est ornée d’une tour d'escalier nommée « tour de l'horloge » surmontée d'un campanile abritant trois cloches, dont une datant de 1506. Dans les combles, la majestueuse et imposante charpente en chêne de quatorze mètres de hauteur est un des éléments les plus spectaculaires de l’ancien évêché.
Après la Révolution, le palais reçoit plusieurs affectations : préfecture en 1800, de nouveau évêché en 1822, puis Palais de justice en 1846. En 1973, l’administration judiciaire quitte le palais et laisse la place aux collections du musée.
Un vaste projet de rénovation architecturale et muséographique est engagé par le Conseil départemental de l'Oise en concertation avec le ministère de la Culture. Les travaux, phasés en plusieurs tranches, ont démarré en 2013. Les premières phases de rénovation du Palais ont débuté sous la direction d’Étienne Poncelet, architecte en chef des Monuments historiques. Trois espaces du palais ont été concernés par ces travaux : la salle aux Sirènes, les voûtes sous porche du châtelet d'entrée et la tour de l'horloge du palais. Dans la salle aux Sirènes, cinq mois d'interventions ont permis la fixation des peintures murales, l’assainissement des maçonneries, la restauration des parements intérieurs ainsi que la mise en place d’une climatisation. Les travaux des voûtes sous porche ont permis la restauration du sas d’entrée et du passage voûté avec notamment une rénovation de la façade, la restitution des toitures et du sol de la terrasse de défense. La tour de l'horloge, la tourelle et le perron d’entrée ont été consolidés et ses décors restaurés. Dans le campanile, deux cloches modernes ont rejoint la cloche historique datant de 1506.
A partir de l’automne 2014, la rénovation s’est poursuivie au premier étage et sur le reste des façades du palais Renaissance. La mise en valeur du palais Renaissance concernait la restauration des maçonneries, le changement de l’ensemble des fenêtres, la reprise de la couverture ainsi que la création d’un ascenseur qui dessert les trois étages jusqu'à la spectaculaire salle sous charpente.
La muséographie, sous la direction du cabinet d’architectes AUM, est destinée à présenter au premier étage les collections du XIXe siècle qui seront périodiquement renouvelées.
C’est maintenant au tour du châtelet d’entrée du musée de bénéficier d’une restauration.
Les jardins ont fait l’objet d’un aménagement paysager sur la parcelle située au pignon sud du palais Renaissance. Cet aménagement a été confié à deux paysagistes, Sylvie Expert-Bezançon et Clotilde Viellard-Buchet, associées pour ce projet au sein de l’Atelier du Serpentaire. Inspiré par l’histoire du lieu, l’aménagement évoque les vestiges archéologiques par un motif central reproduisant le maillage des constructions gallo-romaines de la parcelle. Des alcôves en charmille évoquent quant à elle la basse-cour d’antan et la maison du corps de garde. Des arbres fruitiers en colonne, une vigne palissée et un pommier en éventail sont inspirés de plantes cultivées dans les potagers fruitiers de la Renaissance et sont une allusion à la vocation vivrière des jardins de l’Évêque-comte qui s’étendaient au-delà de la rivière en contrebas. Trois œuvres d’art en céramique, réalisées par des potiers de l’Oise, font le lien avec les collections du musée, parmi les plus importantes collections de céramiques d’un musée en France. Le jardin est ouvert au public.