Lieu de provenance
lieu de provenance : Ile-de-France, 75, Paris, église paroissiale Saint-Germain l'Auxerrois (?)
Description historique
Pendant la Révolution, trois statues, provenant de deux monuments funéraires de l'abbaye Notre-Dame de Soissons, sont acquises, avec d'autres objets de même origine, par M. Brayer propriétaire à Soissons. Il s'agit des statues de l'abbesse Catherine de Bourbon, de sa sœur la princesse Marie de Bourbon (fiancée au roi d'Écosse) et de l'abbesse Louise de Lorraine. M. Brayer propose l'ensemble en 1812 à Alexandre Lenoir, administrateur du musée impérial des Monuments français à Paris, contre le simple remboursement des frais supportés pour conserver ces œuvres. Après accord du ministre de l'Intérieur, les trois statues rejoignent les collections du musée parisien. Après la fermeture du musée en 1816, la statue de la princesse Marie de Bourbon gagne l'église abbatiale de Saint-Denis où elle se trouve toujours. Pourtant, trois statues féminines, dont celle qui fait l'objet de ce dossier, et quelques éléments de monuments funéraires, sont rendus par décision du 24 décembre 1819 à la ville de Soissons qui les abandonne à la cathédrale. Deux des statues sont restaurées (l'abbesse Louise de Lorraine et cette femme non identifiée), puis installées en 1821 à l'emplacement qu'elles occupent encore aujourd'hui. La troisième, représentant l'abbesse Catherine de Bourbon (+ 1594), après avoir été reléguée dans une resserre de la cathédrale, finit par rejoindre les collections du musée de la ville à la fin de 1866 ou dans les premiers mois de 1867.Après 1821, les archives de la fabrique ne mentionnent plus les deux statues installées à la cathédrale, sauf à l'occasion de la restauration des deux piédestaux, effectuée en 1877. Les deux priants n'ont pas quitté le monument au cours de la Première Guerre mondiale, mais ont très peu souffert du conflit, protégés sous un empilement de sacs de plâtre ou de ciment à partir de juin 1915. Quoi qu'en dise l'inscription encastrée dans le socle, le personnage ne saurait représenter l'abbesse Henriette de Lorraine, morte en 1669. Dom Michel Germain, qui publie l'histoire de l'abbaye Notre-Dame de Soissons en 1675, n'accorde aucun tombeau remarquable à cette abbesse. En outre, la coiffe de veuve et le costume civil du personnage statufié font référence à la mode du règne précédent et, par dessus tout, n'entretiennent aucun rapport avec l'habit bénédictin. Il a été récemment proposé d'y voir la statue funéraire de Madeleine de Crèvecœur, sculptée vers 1634 pour l'église parisienne Saint-Germain l'Auxerrois et attribuée à Philippe de Buyster. Après la fermeture du musée des monuments français où ces œuvres étaient réunies, cette effigie aurait pu être attribuée à la ville de Soissons, en compensation de la perte de la statue de Marie de Bourbon envoyée à l'abbaye de saint-Denis. Quoi qu'il en soit, le pupitre en marbre blanc qui accompagne ce priant ne fait pas partie du monument. Il provient du monument funéraire de Louise de Lorraine et devrait donc se trouver devant la statue qui fait pendant à celle-ci, de l'autre côté de la porte.