Monument funéraire
Plaque funéraire ; relief
De l'abbesse Gabrielle-Marie de la Rochefoucauld
Ensemble de deux éléments réputés provenir du monument funéraire de l'abbesse Gabrielle-Marie de la Rochefoucauld : plaque funéraire et relief
Hauts-de-France ; Aisne (02) ; Soissons ; Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais ; Cardinal-Binet (place)
02722
Soissonnais
Soissons-Sud
Cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais ; Cardinal-Binet (place)
En ville
Mur occidental de la cathédrale, au sud de la porte centrale
Taille de pierre ; sculpture
Élévation (rectangulaire horizontal) ; encastré
Marbre uni (?, noir, monolithe) ) : taillé, poli, gravé, peint faux or ; marbre uni (blanc, monolithe) : taillé, poli, décor dans la masse
Le premier élément du monument funéraire consiste en une plaque rectangulaire de marbre ou de calcaire noir, actuellement encastrée dans le mur, portant l'épitaphe de l'abbesse. Les lettres gravées sont également peintes en doré. Le second élément est un relief sculpté dans un seul bloc de marbre blanc, orné des armoiries de la défunte.
L'écu ovale est surmonté d'une couronne et d'une crosse de feuillage. Il est encadré de deux palmes, aux tiges liées. Les extrémités inférieure et supérieure du relief se terminent en enroulements, donnant naissance, à la partie supérieure, à des feuilles d'acanthe.
Dimensions de la plaque de marbre ou de calcaire : h = 35 ; la = 160. Le relief mesure approximativement 75 cm de haut et 60 cm de large.
Élément ; mauvais état
La plaque a été cassée et refixée. Il en manque un fragment dans la partie inférieure. La peinture des lettres s'efface beaucoup.
Épitaphe (gravé, sur l'oeuvre, peint, français, latin) ; armoiries (sculpté, sur l'oeuvre)
Transcription de l'épitaphe : ICY REPOSE LE CORPS DE TRES HAVTE, TRES ILLVSTRE, ET TRES PVISSANTE DAME MADAME GABRIELLE / MARIE DE LA ROCHEFOVCAVLD, FILLE DE FRANCOIS 6ME DE LA ROCHEFOVCAVLD, ET DE DAME GABRIELLE / DUPLESSY DE LIANCOVRT, QVI APRES AVOIR ESTÉ ABBESSE DV PARACLET DVRANT 29. ANS, FVT NOMÉÉ / PAR LE ROY LOVIS 14. A CETE ABBAYE ROYALLE QV'ELE A GOVVERNEE 9. ANS ET DEMY, ELLE A FAIT FAIRE / LE GRAND AVTEL DE CETTE EGLISE, TOVTES LES CHAPELLES, LE PETIT CHOEVR, POVR CHANTER L'OFFICE / LA NVIT DVRANT L'HIVER, LE GROS HORLOGE DE L'EGLISE, ET AV DEDANS DE LA MAISON QVANTITÉ / D'EMBELLISSEMENTS POVR LA COMMODITÉ DE SES RELIGIEVSES. ELLE DECEDA LE 23. NOV[EM]BRE 1693. AAGEÉ / DE 71. ANS. PRIEZ POVR SON AME. / Ut sapientiam habens Obtulit sacrificium consummationis templij. 2.Mach.2. La citation latine est empruntée à la Bible, au deuxième livre des Maccabées, paragraphe 2, verset 9. Traduction : [...] doué de sagesse, il offrit le sacrifice de l'achèvement du sanctuaire.Les armoiries sont celles de la famille de la Rochefoucauld : burelé d'argent et d'azur de dix pièces, à trois chevrons brochant de gueules, le premier écimé.
Lieu de provenance : Picardie, 02, Soissons, abbaye de Bénédictines Notre-Dame
4e quart 17e siècle ; 4e quart 17e siècle ; 3e quart 18e siècle (?)
La plaque portant l'épitaphe de l'abbesse Gabrielle-Marie de la Rochefoucauld et le relief orné des armoiries de cette famille sont réputés provenir du monument funéraire de cette abbesse, qui ornait à l'origine l'église abbatiale de l'abbaye bénédictine Notre-Dame de Soissons. Ce monument a dû être créé à la fin du 17e siècle, peu après le décès de l'abbesse survenu le 23 novembre 1693. On ignore avec précision à quoi pouvait ressembler l'œuvre au moment de sa création. Toutefois, il ne pouvait s'agir d'un "mausolée", les deux seuls mausolées de l'abbaye ayant été destinés, l'un à l'abbesse Catherine de Bourbon et à sa sœur la princesse Marie de Bourbon, l'autre à l'abbesse Louise de Lorraine d'Aumale. Il devait plus vraisemblablement s'agir d'une simple épitaphe entourée d'un cadre de marbre et surmontée d'un couronnement décoratif agrémenté des armoiries de l'abbesse. Une vue intérieure de l'église abbatiale dessinée par Tavernier de Jonquières et gravée par Née, peu avant la Révolution, montre un grand nombre de ces plaques funéraires ornant les murs de la nef. Pendant la Révolution, M. Brayer, propriétaire à Soissons, acquiert des éléments de monuments funéraires provenant de l'ancienne abbaye Notre-Dame, dont cette inscription et ce relief. En 1812, il propose l'ensemble à Alexandre Lenoir, administrateur du Musée impérial des Monuments français, contre le simple remboursement des frais supportés pour conserver ces œuvres. Cette proposition est agréée par le ministre de l'Intérieur. Après la fermeture du musée en 1816, un certain nombre d'œuvres retournent à leur lieu d'origine, par décision du 24 décembre 1819. Ces deux éléments attribués au monument funéraire de Gabrielle-Marie de la Rochefoucauld sont rendus en 1820 à la ville de Soissons qui les abandonne à la cathédrale. L'épitaphe semble avoir été installée rapidement sur le mur occidental de la nef, en 1821 ou peu après. On ne sait en revanche quand fut fixé le relief armorié, qui se trouvait encore dans une resserre de la cathédrale en 1860. Jean Ancien signale que ce relief, présent avant 1914, puis sans doute déposé au moment de la restauration de la cathédrale, avait rejoint le dépôt lapidaire de l'édifice, et avait par la suite gagné un autre dépôt à Saint-Jean-des-Vignes. Ce relief a été remis en place à la cathédrale en novembre 1978.Bien que de nombreux historiens locaux associent depuis le 19e siècle l'épitaphe et le relief armorié, il faut ici préciser que la provenance exacte du relief n'est pas absolument certaine. Après Gabrielle-Marie de La Rochefoucauld, cette famille a donné à Notre-Dame de Soissons trois abbesses qui se sont succédé dans le courant du 18e siècle. Si la troisième, qui a survécu à la Révolution, n'est pas concernée, en revanche l'abbesse Françoise-Marguerite de La Rochefoucauld (1737-1766), puis sa sœur l'abbesse Elisabeth-Catherine de Roye de La Rochefoucauld (1766-1778), ont vraisemblablement reçu l'hommage d'un monument funéraire à leur décès. Et en effet, parmi les épitaphes sauvées par M. Brayer, figurait celle de l'abbesse Françoise-Marguerite de La Rochefoucauld, comme l'atteste le baron de Guilhermy. Le relief armorié provient donc, soit du monument de Gabrielle-Marie de La Rochefoucauld, soit de celui de Françoise-Marguerite de La Rochefoucauld.
Propriété de l'Etat
classé au titre immeuble
À signaler
Sous-dossier
Ensemble des monuments funéraires et commémoratifs de la cathédrale
IM02002752
2004
2004