Personnalité liée à l'histoire de l'objet
Chalon Amé de, abbé de Baume-les-Messieurs (commanditaire)
Description historique
Ensemble homogène du 2e quart du 15e siècle (vers 1425-1430), commandé de son vivant par Amé de Chalon, abbé de Baume-les-Messieurs (1389-1432). Le monument funéraire servait de séparation entre le sanctuaire et la chapelle privée de l'abbé, érigée immédiatement au nord. Le programme iconographique, à thème eschatologique, se divisait en deux parties présentant de fortes relations : le Jugement particulier, du côté ouest, et le Jugement dernier, du côté est. Le Jugement particulier, supposé survenir juste après le décès (lutte entre les anges et les démons pour la possession de l'âme), comprenait trois statues dont une seule nous est parvenue : saint Michel psychopompe terrassant le dragon. Le Jugement dernier était constitué d'au moins cinq statues ; seul le Christ juge a subsisté. Huit statuettes d'anges reposaient sur les consoles des piédroits dont deux, soufflant dans des trompettes, existent encore. La relation entre les deux Jugements était établie par l'âme mitrée de l'abbé, défendue et portée par l'archange, mais qui dirigeait son regard et ses mains jointes vers la statue du Christ juge accrochée contre la paroi opposée. Des peintures murales complétaient ce programme : décor géométrique sur les parois ; les quatre évangélistes et leurs animaux symboliques sur la voûte. La statuaire et les éléments moulurés étaient polychromes et dorés (nombreuses traces). La sophistication de ce monument funéraire et la qualité de certaines statues semblent indiquer que le commanditaire s'est adressé au sculpteur Claus de Werve. Au XVIe siècle (?), l'arche funéraire avait été murée du côté du sanctuaire et il est probable que, simultanément, les peintures de la voûte furent recouvertes d'un badigeon. Lors de la Révolution, le gisant de l'abbé et la dalle le supportant furent détruits ; les armes figurant sur son tombeau furent bûchées et celles présentes sur toutes les consoles et la clef de voûte furent brisées. Il est possible que certaines statues aient été détruites ou endommagées durant cette période ; en revanche, il est certain qu'à partir de ce moment, la dispersion des différents éléments constituant le programme iconographique débuta. Au début du XIXe siècle, la dalle fermant le tombeau fut remplacée ; par la suite, plusieurs têtes de pleurants furent brisées. Lors de la campagne de restauration MH de 1875-1877, le mur érigé au XVIe siècle (?) fut détruit ; des parties des piédroits méridionaux et les consoles armoriées furent restaurées par le sculpteur Charles Robelin. En 2001, les peintures de la voûte furent mise au jour et restaurées par Juliette Rollier-Hanselmann et Laurence Atger-Roullier.