Description historique
Le mobilier de l'église Saint-Michel est très homogène, en adéquation avec larchitecture. Plusieurs éléments, maître-autel (détruit), chaire (détruite, dessin publié dans Le Moniteur des Architectes de 1877) et stalles, ont été dessinés par larchitecte de lédifice, Alfred Coisel, qui a supervisé sur une période réduite linstallation du mobilier. Pour des raisons de commodité, une modification intervient touchant la conception du sanctuaire : dès 1879, les ambons sont supprimés, ainsi que la galerie les reliant, en 1886 (Archives diocésaines, registre de la paroisse p. 13). Seules les peintures de la nef, envisagées dès lorigine par Coisel, mettront plus longtemps à être réalisées, à la fois pour des raisons financières et en raison du décès en 1887 du peintre A. Colas.£Dès le 15 octobre 1872 (AD Nord O-357-685) sont engagés les travaux de sculpture, décorations, vitreries et horlogerie. En particulier, un traité approuvé par le maire est passé entre Coisel et le verrier Antoine Lusson (21 bis rue de Laval à Paris) pour un devis de 10 000 F. Plusieurs verrières géométriques non figuratives de la nef et du transept portent en effet la mention Lusson-Lefèvre, Paris et la date de 1873 (AD Nord O-357-685). Les travaux de sculpture dornement (chapiteaux, tympan, corbeaux...) sont réservés à un sculpteur obligatoirement lillois et chiffrés dans le cahier des charges à 7 600 F. Ils devront être réalisés dans les 6 mois suivant ladjudication du marché, soit début 1873.£Le budget de 1875 comprend un crédit de 50 000 F. pour les dépenses du gros mobilier de léglise (AD Nord O-Lille-689). A la suite de lachèvement du gros-oeuvre en octobre 1874, sont réalisés par Léon Vandervinck (220 rue Nationale à Lille) en 1875 les travaux de peinture du transept, dont des étoiles dor sur les murs (AD Nord O-357-688).£Les commandes de menuiserie conduisent à la réception, le 9 octobre 1875, de quatre confessionnaux construits par Louis Demon entrepreneur, en vertu dun marché passé le 11 février 1875 (AD Nord O-357-685), ainsi que par le menuisier Dhennin (31 rue des Pyramides à Lille) des portes dentrée matelassées de léglise en janvier 1876 (AD Nord O-357-688) et également en 1876 dun chasublier, des armoires des sacristies, des bancs, des parquets, des consoles...£Le 14 février 1876, le procès-verbal de réception définitive est signé pour le maître-autel et la chaire réalisés par Buisine-Rigot sur un dessin de Coisel (AD Nord O-357-688 et 689), ainsi que lhorloge due à Armand-François Collin (118 rue Montmartre à Paris) (AD Nord série O-357-688), procès-verbal établi le 27 décembre 1875, pour un marché passé le 24 juin 1875 pour la chaire et les 5 février et 2 mars 1875 pour lhorloge. Le banc de communion est fourni par Alfred Cheton, de Louveciennes, en 1875. Malheureusement, la chaire et le maître-autel sont démontés vers 1985 (souvenir oral) sur linitiative dHenri Chantry, 8e curé de Saint-Michel, de 1965 à 1986 (Archives diocésaines, registre de la paroisse).£Les archives diocésaines (registre de la paroisse p. 10-11) mentionnent le don en 1882 et 1883 de statues aujourdhui disparues, dont seuls témoignent quelques ex-voto : Notre Seigneur Jésus Christ docteur pour le transept, saint Louis de Gonzague et saint Stanislas Kostka pour lentrée du choeur, Notre-Dame des Victoires et Notre-Dame de Lourdes à lentrée de la chapelle de la Vierge. 1884 voit le don dun encensoir en argent et de quatre statues, saint François de Sales, saint Vincent de Paul, saint Benoît Labre (canonisé en 1881) et saint Antoine de Padoue placées à lentrée de léglise. La même année interviennent également le don dun ostensoir, dun groupe de la Sainte Famille, dun saint Roch en raison des menaces de choléra, et des statues de saint Nicolas, sainte Anne et sainte Catherine sont achetées pour être placées près des portes latérales. Seuls saint Roch et saint Nicolas sont toujours présents. Le registre paroissial conservé aux archives diocé saines (p. 16) mentionne la commande en 1891 dune nouvelle statue de saint Michel, dorée, à latelier de la veuve Bouillier Brossard pour 1 200 F. A la fin du 19e siècle, les saints les plus honorés dans la paroisse sont la Vierge, saint Antoine de Padoue, saint Expédit (également encore en place), saint Eloi par les ouvriers, sainte Catherine et saint Nicolas. En 1886 un modeste chemin de croix est placé dans léglise, remplacé en 1951 par un nouveau chemin de croix également très sobre, dû à la maison Rouillard dAngers.£Daprès les archives diocésaines (feuille volante non cotée dans le registre de la paroisse p. 13), durant la Première Guerre mondiale, cinq cloches ont été enlevées par les Allemands, représentant 4 750 kg de bronze ; deux nouvelles cloches de la maison Wauthy sont inaugurées le 3 juillet 1921. D'après l'inventaire réalisé par Domaine Musiques en 1992, seule une cloche antérieure à la Première Guerre, datée 1881 et due à la firme Drouot à Douai (voir dossier IM59002416), a été conservée, les autres ayant en effet été brisées par les Allemands en 1917. Elle se trouve dans la partie sommitale du clocher. Pour Domaine Musiques, ce sont trois cloches qui ont été installées après la Première Guerre mondiale dans la chambre des cloches, deux datant de 1921 par Wauthy et une datant de 1928. Wauthy est le successeur à Douai de la firme Drouot. En raison de létat et de la hauteur du clocher, ces informations nont pas été vérifiées. Un petit orgue daccompagnement a également été acheté en 1875 pour 6 500 F (Archives diocésaines, registre de la paroisse p. 10), provenant de la paroisse Saint-Jacques à Douai ; il est déplacé au sein de l'église en 1889 (p. 13).£Les archives diocésaines (cf. la lettre de Modeste Hélin insérée dans le registre paroissial) mentionnent également lachat dune bannière brodée daprès un dessin de Buisine-Rigot. Cette bannière a été offerte à la paroisse par M. et Mme Baudet à loccasion du mariage de leur fille unique et confectionnée à Bruges dans les ateliers de M. Henri English et achevé par les Dames de lOeuvre du Sanctuaire à Lille (non conservée). En 1886, léglise reçoit un ornement complet en drap dor avec saint Michel brodé sur la chape, dû au travail des Dames de lOeuvre du Sanctuaire (Archives diocésaines, registre de la paroisse p. 13, non conservé). En 2002, étaient conservées la chasuble et l'étole, citées dans l'exposition Vue sur le paradis, faisant partie de l'ornement angélique doré conçu par la maison Henry de Lyon, sur des dessins de Gaspard Poncet. Ces ornements, ainsi qu'une chasuble peinte, inscrits au titre des monuments historiques le 20 mars 1995, nont pu être retrouvés. Aucun vêtement liturgique n'est plus conservé dans l'édifice.££Les sculptures conservées ne faisant pas l'objet d'une étude sont :£- saint Expédit (plâtre), situé à l'entrée nord-ouest de l'église.£- saint François d'Assise (plâtre), situé à l'entrée sud-ouest de l'église.£- saint Antoine de Padoue (bois) situé dans le bas-côté sud.£- Christ en croix dans l'ancienne chapelle des fonts baptismaux.