Description historique
Saint Adrien de Nicomédie est le patron secondaire de l'église Saint-Martin de Preures. La dévotion à ce saint s’est organisée dans la paroisse autour de ses reliques qui proviennent probablement de l'abbaye de Grammont (Geraardsbergen, en Flandre orientale), fondée en 1096. Placée sous le vocable de saint Pierre puis sous celui de saint Adrien lors de la réception au XIIe siècle de reliques du saint, cette abbaye bénédictine devient dès lors un important lieu de pèlerinage dans l'Occident chrétien. Si la date et les circonstances de l’arrivée des restes de saint Adrien dans la paroisse de Preures ne sont pas connues, il est peu probable que ceux-ci proviennent directement de l'abbaye de Grammont. Leur vénération pourrait avoir débuté dans la seconde moitié du XVIe siècle suite à un transfert de la cathédrale de Thérouanne. C'est cette piste que propose L'abbé Joseph-Benoît Thobois, curé de Preures entre 1905 et 1939 et érudit local. Les reliques auraient pu être apportées à Preures en 1558 - soit cinq ans après la destruction totale de Thérouanne par les troupes de Charles Quint - par Guillaume Saultin, ancien vicaire général du diocèse, ou par François Dupin, ancien chanoine du chapitre cathédral. Tous deux ont en effet été nommés successivement à la cure de Preures au cours de cette même année. Au siècle suivant, la présence des reliques peut être déduite d'un passage du De Morinis et morinorum rebus (1635) du père Jacques Malbrancq (v.1579-v.1653) affirmant que saint Adrien rend Preures célèbre et que sa protection est un barrage efficace contre la peste. Elle peut l'être également de la fondation d’une confrérie de saint Adrien en 1627 : composée d’habitants de Preures et des paroisses voisines, cette confrérie donne des soins aux malades et aux défunts. Abolie à la Révolution, la confrérie est rétablie en 1836 par le curé Saint-Omer mais est définitivement supprimée en 1877. Le premier document d'archives mentionnant explicitement les reliques date du XIXe siècle seulement. Le 28 juillet 1802, Pierre Frodeval, curé constitutionnel de Preures sous la Révolution, certifie avoir remis à Marie-Angélique Longavesne, veuve Gosset, les reliques « sauvées des mains sacrilèges de Leduc, d’Hucqueliers, dévastateur d’églises » pour les remettre à l'abbé Gaignart, nouveau desservant de Preures (Archives diocésaines, 4Z253/3). En 1909, l’église possède deux reliques, l’une présentée dans une châsse, la seconde conservée dans un petit coffret attaché à la statue. Le 24 juin 1909, l’une d’entre elles est transférée dans une nouvelle châsse contenant trente autres reliques. Ce reliquaire est toujours exposé dans la nef.Invoqué contre les maladies contagieuses, Saint Adrien a été longtemps vénéré par les paroissiens de Preures et les pèlerins. Un pèlerinage local avait lieu chaque 4 mars. Une grande procession organisée tous les sept ans faisait venir les paroissiens de Samer, distant de treize kilomètres de Preures, suite à un vœu fait en 1638 lors d'une épidémie de peste.