Description historique
Le retable de cet autel catholique pourrait en grande partie remonter à la première moitié du 18e siècle (le tombeau, non étudié, ne date quant à lui que du 20e siècle, la pierre d'autel en grès est en place). Pour avoir un aperçu de ce à quoi pouvait ressembler l'autel à l'origine, on se reportera aux autels secondaires de Dossenheim-Kochersberg, assez proches, qui pourraient être issus du même atelier. Le tabernacle ne paraît pas être celui d'origine, si toutefois il en existait un auparavant (il n'est pas à exclure, étant donné les faibles dimensions de l'autel, qu'il ait correspondu à l'origine à un autel secondaire). Le cas échéant, il devait en effet être plus réduit et ne pas cacher, comme le tabernacle actuel, des moulurations et une partie de la guirlande d'acanthes qui entoure la niche. Ce tabernacle pourrait dater de la fin du 18e siècle (ou éventuellement de la première moitié du 19e siècle) de même que les chandeliers. Enfin les chapiteaux des colonnes ont manifestement subi une restauration maladroite : certaines parties manquantes des chapiteaux ont été remplacées par des éléments sommaires, à peine sculptés. La statue ancienne qui prenait place dans la niche a disparu. Selon un renseignement oral, il s'agirait de celle qui est actuellement déposée au presbytère d'Ingwiller (où habite le curé qui dessert Weinbourg). Cette statue (cf. sous-dossier) pourrait effectivement être contemporaine de l'autel d'origine et aurait la taille pour être placée dans la niche. Mais c'est à tort qu'elle passe pour représenter saint Wendelin qui n'était pas tonsuré (c'est tardivement qu'on l'a pourvue d'une houlette). La statue de saint Wendelin, actuellement placée sur le tabernacle, trop grande pour la niche, est en terre-cuite et ne date que de la deuxième moitié du 19e siècle (cf. sous-dossier).£Suivre la piste de l'autre église du village, détruite en 1830, pour trouver le lieu de provenance du retable aurait pu être considéré comme étant judicieux car on sait que sa nef fut reconstruite entre 1715 et 1718, campagne qui aurait pu être accompagnée d'un renouvellement du mobilier (auquel aurait pu s'intégrer cet autel), et qu'elle fut saccagée pendant la Révolution (ce qui aurait pu expliquer en partie les remaniements subis par l'autel). Mais l'identité du saint moine ne s'en serait pas trouvée résolue car la statue ne représente pas non plus saint Jacques le Majeur, patron de cette église disparue.£En résumé, une alternative se dégage : soit l'autel provient d'une autre localité, soit il vient d'une des deux églises de Weinbourg ; Dans le second cas soit il ne comportait pas la statue du moine mais une statue de saint Wendelin ou de saint Jacques le Majeur selon l'édifice où il se trouvait, soit il comportait cette statue et correspondait à un autel secondaire dont on n'aurait plus le souvenir, hypothèse qui paraît peu recevable puisque les deux églises étaient sous le régime du simultaneum et il est peu probable qu'elles aient eu des autels secondaires. Seule une recherche en archives permettrait d'obtenir des éclaircissements.