Lieu de création
Alsace, 67, Baldenheim, église paroissiale Saint-Blaise, temple
Description historique
Les peintures monumentales figurées ou rechampies ornant les parois, les voûtes du choeur, de l'arc triomphal et de la sacristie furent réalisées à différentes époques. Le choeur a probablement été reconstruit par des membres de la famille Rathsamhausen zum Stein au courant de la 2e moitié du 15e siècle, peut-être entre 1470 et 1480, comme le laisse penser le millésime incomplet de cette décennie porté sur l'arc triomphal et sur une niche du choeur. De même, les armoiries scuptées et peintes des Rathsamhausen zum Stein accompagnées de celles des Zorn et de celles d'une famille non identifiée figurant sur les clefs de voûte du choeur permettent une datation des peintures de l'ensemble du choeur du 4e quart du 15e siècle. Une première campagne comprenant les croix de consécration et peut-être la polychromie imitant le grès qui souligne le profil des baies et arcs parait pouvoir dater des années 1470-1480, comme peut le laisser croire le millésime peint sur le claveau central de l'arc triomphal (côté du choeur). Un second cycle, le plus remarquable, de peintures monumentales figurées fut réalisé, sans doute vers 1490-1500. Sur le plan stylistique, celui-ci est très nettement inspiré par les gravures de Martin Schongauer (vers 1450-1491) et par la scène du Jugement dernier que celui-ci peignit dans la cathédrale de Vieux-Brisach entre 1488 et 1491 et s'inscrit donc comme un jalon digne d'intérêt de la peinture du Rhin supérieur vers 1500. Il s'agit des symboles des Evangélistes et du cortège des Apôtres. L'iconographie révèle également les préoccupations religieuses de cette époque, avec des thèmes comme le Jugement dernier. Il a été recouvert d'un badigeon a une date indéterminée, peut-être après l'introduction de la Réforme en 1576. Totalement oubliées, les peintures monumentales furent partiellement redécouvertes pour la première fois en 1902 ou en 1904 ; cette dernière date est corroborée par une coupure de presse datée de 1942 disant que les peintures du choeur avaient été dégagées en 1904 par le peintre Henri Ebel. L'ensemble de l'édifice ainsi que les vestiges connus des peintures monumentales furent classées au titre des Monuments historiques le 2 juin 1970. Une importante restauration de l'édifice fut entreprise entre 1988 et 1992. Puis entre 1992 et 1993, une restauration globale fut faite, à la fois du cycle de la nef et de celui du choeur, par Mlle Marie-Lys de Castelbajac.