Description historique
Sur cette dalle funéraire, le défunt est représenté avec des attributs d'architecte : l'équerre, encore visible, et le compas, à présent presque entièrement effacé, et l'épitaphe précise qu'il était le fils du maître d'oeuvre strasbourgeois Erwin, auquel la postérité a donné le nom de Steinbach. La parenté architecturale entre plusieurs parties de la collégiale de Niederhaslach et la cathédrale de Strasbourg a fréquemment été soulignée et le lien familial entre les maîtres d'oeuvres serait un des fondements de ces similitudes. Le prénom du défunt et l'année de sa mort ont fait l'objet de discussions. Le prénom Gerlach semble le plus convaincant lorsqu'on examine les traces sur des photographies anciennes et la date de décès est le 5.12.1329 ou le 5.12.1330. Cette identification du prénom paraît abusive à Roland Recht qui défend en outre la date 1330 plutôt que 1329, et ce d'une part sur la foi de deux dessins du monument du milieu du 19e siècle (dont il donne les sources comme suit : Ms 1046 des Archives municipales de Strasbourg et Archives des Monuments Historiques, Paris, MH 202194), d'autre part sur celle d'un écrit de 1772 (P. Louis, Histoire de la vie et du culte de St Florent, Strasbourg, 1772) selon lequel l''architecte mourut le 5 décembre 1330 et fut enterré dans le cloître de Haslach, avant que d'avoir achevé l'Eglise de Saint-Florent...'. Or il apparaît que le lavis conservé aux archives de Strasbourg, dessin de la dalle à un moment où elle était certes en bien meilleur état qu'à l'heure actuelle, n'est pas d'une fidélité absolue dans la restitution de la forme et de la taille des caractères de l'épitaphe ; Recht signale d'ailleurs lui-même qu'il n'y a pas coïncidence entre les deux dessins qu'il mentionne comme pièces à conviction. En outre, si certains caractères étaient déjà effacés au milieu du 19e siècle, comme en attestent ces dessins, il ne paraît pas improbable qu'ils l'eussent déjà été en 1772, or l'auteur du 18e siècle n'avait sans doute d'autre source d'information que l'épitaphe gravée sur la dalle funéraire (le fait qu'il ne mentionne pas le prénom de l'architecte semble le confirmer) et il n'y vit pas une petite barre verticale entre les deux derniers chiffres romains du millésime, qui semble être une correction du millésime indiqué plutôt qu'une cassure liée à un impact, décelable sur des photographies anciennes et, actuellement, uniquement grâce à un éclairage rasant. Mais il n'est pas à exclure que cette petite barre verticale, que ne virent pas les dessinateurs du 19e siècle, n'existait pas alors, c'est pourquoi, on se gardera bien ici d'être aussi catégorique que Recht pour défendre une hypothèse de date plutôt qu'une autre. Dans un ouvrage de 1853, Louis Schneegans dit du monument (qu'il attribuait à 'maître Jacque Erwin', 'd'après une inscription mortuaire qui ne peut avoir été tirée que de l'ancien nécrologe du chapitre de Haslach') que grâce à ses soins, il devait 'avoir été mis en lieu de sûreté', dans l'ancienne salle capitulaire. Auparavant, après avoir recouvert la tombe dans le cloître, emplacement où elle était exposée à trop de dégâts, la dalle était dressée contre le mur, sous la partie du cloître encore couverte 'depuis une quinzaine d'années' écrit Schneegans.