Description historique
Ce tableau serait attribué à Jean-Jacques Lagrenée dit Le Jeune né et mort à Paris (1739-1831). Le tableau a été découvert à l'occasion du classement d'archives communales. Cette allégorie de la charité semble être une esquisse du peintre Jean-Jacques Lagrenée le jeune. Le thème de la Charité, traduction allégorique de l'une des trois vertus cardinales, apparaît dès de 16e siècle en peinture. L'artiste, qualifié avant tout de peintre d'histoire, a scrupuleusement respecté l'iconographie de ce sujet : le vase ardent - ignis caritatis - et la nature morte, tout en le traitant de manière assez libre et plaisante, particulièrement dans les épaules très dénudées de la femme. Ce traitement confine l'oeuvre à la limite du tableau de genre (source Philippe Guinot). Ce petit tableau de chevalet, peint sur un panneau de noyer, est attribué au peintre parisien Jean-Jacques Lagrenée, dit le Jeune. On a collé au dos une toile grossière pour prévenir les déformations du bois, selon une technique très utilisée en France à la fin du 18e siècle. Le cadre d'origine est en bois doré et sculpté. De facture assez libre, l'uvre pourrait être une esquisse en vue d'une composition plus grande. Lagrenée présentera une toile sur ce thème au Salon de 1783. La scène est habilement composée : les personnages disposés en triangle et mis en valeur par un bel éclairage occupent le centre du tableau. On appréciera le traitement plein de charme du personnage féminin aux épaules joliment dénudées. Au second plan, les attributs habituels de la Charité - le vase ardent (ignis caritatis) et la nature-morte - sont rapidement brossés. Ce sont là les caractéristiques du style de Lagrenée : un sens certain de la mise en scène, mais une exécution relâchée. Ses contemporains - dont Diderot - jugeront sévèrement son travail quand il le présentera régulièrement et en abondance au Salon entre 1771 et 1804. Lagrenée, élève de son frère Jean-Jacques, second grand Prix de Rome (1760), membre de l'Académie royale de peinture (1769), a travaillé à la décoration du château de Fontainebleau. Attaché à la manufacture de Sèvres, il opéra par ses dessins et ses compositions une heureuse révolution dans les formes et les décors des porcelaines de la manufacture. Dans l'Ain, on connaît de lui le Martyre de saint Étienne et la Conversion de saint Paul conservés à l'église de Pont-de-Vaux, et à l'hôpital de Belley, le Martyre de saint Laurent (cat. n°30). La Charité, l'une des trois vertus théologales avec la Foi et l'Espérance, est la plus importante, car elle symbolise l'amour de Dieu et de son prochain, fondements de la religion chrétienne. (source Michèle Duflot).