Description historique
Tableau intitulé Figure symbolique de la République, dit aussi La République, 1848. Huile sur toile peinte par Jean-Baptiste-Auguste Leloir (1809-1892) dans le cadre d'un concours mis en place en 1848 par le nouveau gouvernement républicain, qui fait appel aux artistes par voie de presse. Le thème imposé par le concours, porté davantage par le ministre de l'intérieur, Ledru-Rollin, que par l'administration des Beaux-Arts, consistait à imaginer une figure peinte symbolique de la République française. Etaient aussi demandées aux artistes une figure sculptée de la République et la conception d'une médaille commémorative de la Révolution de 1848 et de l'établissement de la République. Cette iconographie illustre le moment charnière où l'on passe de la figure du roi, qui représente un régime, à la personnification d'un autre régime, la République, représentée par une allégorie. Une première sélection opéra un choix parmi quelque 450 réponses, présentées sous la forme d'une esquisse peinte. Les vingt peintres retenus, dont Leloir fait partie, avaient été invités à exécuter une esquisse de grand format pour laquelle ils reçurent une indemnité de 500 francs. Il était prévu que l'oeuvre sortie lauréate de la seconde sélection soit copiée et diffusée pour imposer la nouvelle allégorie républicaine. Mais d'autres priorités empêchent le projet d'être mené à terme. Les vingt esquisses restées aux mains du gouvernement attirent peu à peu l'attention de certaines communes. Plusieurs municipalités demandent à en être destinataires pour orner leur salon d'honneur. C'est le cas à Sains-Richaumont où le tableau est déposé en 1879 sur la proposition du député de l'Aisne Edmond Henri Turquet, sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts, conseiller général de Sains. 3e grand prix de Rome en 1835, ancien élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de François Picot, Leloir est un peintre académique réputé pour son rendu des scènes historiques et mythologiques. Une de ses oeuvres les plus connues, présentée au Salon de 1841 et conservée au musée du Louvre, a pour sujet Homère. La République conservée à Sains-Richaumont témoigne de quelques oeuvres plus politiques auxquelles il s'est exercé.