Description historique
Fin 15e siècle siècle : sculpture des personnages centraux. Ils appartiennent à une déploration, et non à une mise au tombeau puisque le Christ repose sur une imitation de sol naturel herbeux et non sur un linceul, et qu'aucun élément de tombeau n'est visible. Le groupe comportait d'autres personnages aujourd'hui disparus ou dispersés: au moins une sainte femme et au moins un ange (dont subsistent respectivement une main et un bout d'aile), peut-être un Joseph d'Arimatie, un Nicodème, voire des donateurs, et très probablement, en arrière-plan, une croix sculptée ou peinte. Le groupe de Vert en Drouais aurait été réalisé pour la chapelle de Notre Dame de la Ronde à Cocher elle (6km de Vert-en-Drouais), édifice construit grâce à des dons de Louis XI ainsi que de princes, seigneurs et bourgeois de Dreux. La chapelle fut bénite le 17 octobre 1483. Avant la fin du 16e siècle (datation ne reposant que sur le style des réfections) : disparition ou dispersion des autres personnages évoqués ci-dessus (guerres de religions, incendie, accident ?). A la fin du 16e siècle voire au tout début du 17e siècle (d'après le style des réfections, mais celles-ci pourraient être plus tardives et copier des modèles antérieurs), Nicodème, Joseph d'Arimatie et le haut dune sainte femme sont sculptés dans une pierre différente (type pierre de Saint-Leu). Ils semblent réalisés pour compléter la déploration précédente, cependant ils sont un peu plus grands. L'étude des polychromies ne permet pas d'affirmer que la polychromie d'origine sur ces éléments rapportés recouvre une ou des polychromies plus anciennes sur les éléments plus anciens. Les éléments rapportés semblent d'une facture moins savante que la partie plus ancienne. A une date indéterminée, les deux groupes sont assemblés ou réassemblés au plâtre. L'apport d'un Joseph d'Arimatie et d'un Nicodème rapproche l'ensemble de l'aspect traditionnel de la mise au tombeau. On peut supposer que l'ensemble est couvert d'une nouvelle polychromie destinée à unifier l'aspect. En 1793, la chapelle de Notre Dame de la Ronde à Cocher est vendue ; elle est détruite en 1798. En 1818 le « Sépulcre » est donné à l'église de Vert-en-Drouais par Monsieur Duclos, propriétaire du moulin à papier de Saint-Georges. Il est « démoli » (il aurait donc été remonté dans l'intervalle ? ou se trouvait encore assemblé dans la chapelle détruite ?) et transporté par une vingtaine de paroissiens. A une date indéterminée, probablement peu après 1818: le «Sépulcre» est remonté dans l'église de Vert-en-Drouais assez sommairement. La restauration emploie le fer et le plâtre. L'origine de l'enfeu et des pilastres qui encadrent l'oeuvre dans l'église de Vert-en-Drouais reste à éclaircir : fait-il partie de l'oeuvre apportée en 1818 de l'église détruite en 1798 ? Par leur style, les pilastres pourraient être contemporains de la sculpture de Joseph d'Arimatie et Nicodème à la fin du 16e siècle ou tout début du 17e siècle (Maurice Hue et Olivier Rolland).