Description historique
L’église actuelle conserve six peintures murales transférées sur toile qui proviennent de l’ancienne église. Elles sont aujourd’hui accrochées dans le choeur, sur le mur de l’abside. Elles ont bénéficié d’une mesure de classement au titre des Monuments historiques en 1952 (PM37000555), à l’exception de celle-ci.
Ces peintures ont été découvertes fortuitement par l’abbé Michel Bourderioux, curé de Loché-sur-Indrois. Cet érudit local assiste au démarrage des travaux de démolition de l’ancienne église de Beaumont-Village en 1949 et remarque la présence de fresques sous les badigeons qui recouvrent le mur du chevet. Une instance de classement du mur du chevet est prise à la suite, le 28 septembre. Elle a pour but de reporter d’un an sa démolition, afin de permettre le relevé et la dépose des fresques dans de bonnes conditions.
Les documents conservés permettent de comprendre comme s’organisait le décor peint. Sur la voûte de l’abside se trouvait un Christ en majesté dans une mandorle. Entre le formeret de la voûte et les trois fenêtres du chevet, étaient figurés deux anges thuriféraires, portant chacun une coupelle. Dans les ébrasements des trois fenêtres, se trouvaient six personnages en pied, en rapport avec la légende de saint Sylvain. Celui se tenant à l’extrême gauche n’a pas pu être sauvé. Enfin, en partie basse, étaient peintes des scènes de la vie de sainte Rodène. En très mauvais état en 1949, elles n’ont pas non plus été conservées.
Les relevés des fresques, effectués par Marcel Nicaud, un peintre spécialisé dans la fresque, sont conservés à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine. Nicaud avait été dépêché sur les lieux par le musée des Monuments français pour procéder à ces relevés, puis à la dépose des peintures les mieux conservées. Il n’a pas relevé l’ange thuriféraire qui a pourtant été, lui aussi, déposé par ses soins, se contentant de reproduire l’un des motifs décoratifs qui l’accompagnent.
Une fois la dépose menée à bien, la restauration des peintures est confiée en 1950 à l’atelier parisien Chauffrey-Muller. Les fresques sont transposées sur des toiles à cette occasion. Elles sont classées au titre des monuments historiques à l’issue de la restauration, le 18 janvier 1952. On les transfère ensuite de Paris à Tours, cela en vue de leur présentation permanente dans le cloître de la Psalette. Ce projet n’ayant finalement jamais vu le jour, la commune obtient le retour des six peintures en 1996. Elles bénéficient alors d’une nouvelle restauration, avant d’être installées dans l’église actuelle.