Pièce murale
De la tenture des chasses de Louis XIV
Pièce murale de la tenture des chasses de Louis XIV : Chasse au cerf
Centre-Val de Loire ; Loir-et-Cher (41) ; Chambord ; château
41034
Anciennement région de : Centre
Chambord
Château
PA00098405
Azay-le-Rideau : rez-de-chaussée, salle de billard ou premier étage, chambre Psyché
Centre-Val-de-Loire, 37, Azay-le-Rideau, château
Tapisserie sur métier
Laine : tissé ; soie : tissé
Réduction = 8 fils/cm.
Scène : chasse ; cerf
Une scène de chasse à courre se tient dans une forêt à proximité d’un château qui se profile à l’arrière-plan. Au premier plan, deux cavaliers – ainsi qu’un troisième à demi caché par la végétation à gauche, sont à l’arrêt et tournent leurs regards vers un cavalier venant de droite, monté sur un cheval blanc, qui arrive au galop, accompagné de ses chiens de chasse, poursuivant un cerf. À l’arrière-plan à droite, un second groupe, constitué de cavaliers dont un sonneur de cor, s’apprête à rejoindre le premier. Le troisième et dernier groupe est déjà plus loin, à l’arrière-plan gauche de la scène. Le chemin tracé par le sentier mène à trois cavaliers et leurs chiens. L’un des chasseurs a mis pied à terre pour écarter les chiens de la bête tuée. Un homme à pied est en train de les rejoindre, venant du lointain où se profile une architecture de château. Tous ces hommes sont vêtus de longues redingotes, chemises boutonnées, bas de soie et chapeaux ornés de panaches blancs. La bordure est décorée de fleurs et de rinceaux de feuillages. Dans les angles inférieurs, des socles de marbre bleu semblent soutenir les rinceaux verticaux (source : CMN, 2024).
H = 319,5 ; la = 380
Inscription concernant le fabricant
Inscription concernant le fabricant (sur l'oeuvre, tissé, au centre du liseré) : BEHAC/GLE.
Limite 17e siècle 18e siècle
1684 ; 1711
C'est sous la direction de Philippe Béhagle (1641-1705), entre 1684 et 1705, que la manufacture de Beauvais produisit ces verdures agrémentées de représentations des maisons royales et de scènes de chasse. Ce tapissier était originaire d'Audenarde et il semble s'être inspiré des verdures flamandes pour la réalisation de ces tapisseries. Les deux tapisseries conservées à Azay-le-Rideau furent tissées lors de la direction de la manufacture par Béhagle, ou après sa mort, lorsque sa veuve et son fils lui succédèrent et continuèrent d'apposer sa marque jusqu'en 1711. L'auteur des cartons de ces pièces demeure inconnu mais les modèles qui ont servi à tisser ces tapisseries sont à rapprocher de ceux de la tenture des Verdures avec petites vues des Maisons Royales et par conséquent des peintures de A.-F. Van der Meulen (notamment pour les personnages, les animaux et la végétation qui sont proches du style de son atelier) et qui avaient déjà inspiré la tenture des Mois ou Maisons Royales d'après Charles Le Brun (Gobelins). En effet, par le biais de gravures, son oeuvre fut abondamment diffusée par la suite. Ces tapisseries sont d'ailleurs très proches des tapisseries constituant la tenture Verdures avec petites vues des Maisons royales, chasses et promenades du Roi, tissée à Beauvais sous la direction de Philippe Behagle. En revanche, les édifices représentés à l'arrière-plan sur les scènes des Petites chasses et verdures ne représentent pas une maison royale en particulier ; ce type de décor est davantage inspiré des scènes qu'on retrouve sur les tapisseries flamandes. Ainsi en est-il par exemple de la pièce tissée à Delft conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam. Certains y ont vu une pièce tissée à Beauvais peut-être par confusion avec la tapisserie conservée au musée Smidt Van Gelder à Anvers, signée Béhagle. Tout comme sur la tapisserie représentant la Chasse à courre au cerf, les vêtements des cavaliers et des chasseurs peuvent donner une indication quant à la date de tissage de la pièce : autour de 1700. La manufacture de Beauvais, sous protection royale, s'adressait à une clientèle privée à l'époque où elle était dirigée par Béhagle. Malheureusement, les archives de la manufacture, de son origine à 1728, ont disparu. Nous ne connaissons donc pas le nom des commanditaires de ce type de tenture. Ces tapisseries avaient également la faveur du roi puisque l'Inventaire général du Mobilier de la Couronne sous Louis XIV mentionne au n°176 la tenture des Petites chasses et Verdures, et aux numéros suivants, d'autres tapisserie de Beauvais qui représentaient des verdures et des paysages de style qualifié de 'manière de Tannières' (Téniers), se rattachant par cette expression à la production de tapisseries flamandes contemporaines de celles de la manufacture de Beauvais. Il est possible de reconstituer trois tentures des Petites chasses et verdures : Tenture I : Chasse à courre au cerf, château d'Azay-le-Rideau Chasse au canard, château d'Azay-le-Rideau Chasse au faucon, ancienne collection Fenaille (publiée par J. Badin, 1909) Tenture II : Chasse à courre au cerf, New York, Metropolitan Museum, inv. 53.188 Chasse au faucon, vente Paris, palais Galliera, 4 mars 1964, n°120 Chasse au loup, vente Paris, palais Galliera, 9 mars 1972, n°141 Tenture III : Chasse à courre au cerf, fondation Toms-Pauli, château de Coinsins (Suisse) Chasse au faucon, vente Christie's Londres, 14 novembre 2002, n°198 Si la tapisserie conservée au château de Coinsins a été réalisée d'après le même modèle que celle d'Azay-le-Rideau, celle du Metropolitan Museum ne propose pas une composition similaire même si les personnages et les animaux sont stylistiquement proches et ont certainement été élaborés d'après les modèles issus de l'atelier de A.-F. Van der Meulen. Comme l’a fait remarquer Laurence de Lamaëstre (Vénerie et volerie en tapisserie, catalogue d'exposition, Musée international de la chasse, château de Gien, Orléans, 2002, p. 76-77), les tentures sont ainsi toutes constituées d'une exemple de chasse à courre (chasse au cerf), de chasse au vol (chasse au faucon) et de chasse à tir (chasse au canard ou au loup). Les tapisseries représentant des Promenades du Prince ou du Roi ne sont pas citée comme relevant de ces tentures dites Petites chasses et verdures. Et les pièces connues à ce jour ne possèdent pas de bordures qui permettraient de la rattacher à l'une des trois tentures reconstituées. Cependant, ces tapisseries peuvent être rapprochées de la tenture des Petites chasses tant par le style que par l'atelier qui les a produites (Beauvais). Malheureusement, le peu de scènes de chasses conservées et parvenues jusqu'à nous, produites par la manufacture de Beauvais à cette époque, et l'absence d'archives de la manufacture pour cette période, ne permettent pas de reconstituer davantage de tentures ni d'en définir clairement les sujets constitutifs (source : CMN, 2024).
Propriété de l’État
Classé au titre objet
1963/09/25 : classé au titre objet
Commission supérieure des monuments historiques du 17/05/1963.
186 ; AR 0200, A.615 ; AZA1952000267
Propriété de l’État, géré par le CMN.
Vénerie et volerie en tapisserie, catalogue d'exposition, Musée international de la chasse, château de Gien, Orléans, 2002, p. 76-77.
Centre des monuments nationaux (CMN).
Sous-dossier
Tenture des chasses de Louis XIV
PM41000087
37014