Auteur du projet
Le Brun Charles (?, d'après, peintre) ; Nanteuil Robert (d'après, graveur)
Description historique
Le château de Saint-Brisson, abritant ce portrait, est situé à environ 5 km au sud-est de Gien. Pierre Séguier, le grand-père du chancelier, avait fait l'acquisition du château et de la baronnie en 1567, il aménagea en demeure de plaisance ce qui était alors une forteresse. Par ailleurs, le chancelier Séguier était comte de Gien, il avait donc lui-même des attaches dans la région. Le tableau semble avoir fait partie du mobilier du château de Saint-Brisson de très longue date : une branche des Séguier en a été propriétaire jusqu'en 1902. La famille qui en a ensuite hérité l'a offert à la commune en 1987.£L'oeuvre a été gravée au moins trois fois. La comparaison avec le tableau de Saint-Brisson prouve au moins l'existence d'un modèle commun. Le premier graveur est Gilles Rousselet, auteur, dans les années 1652-1654, du frontispice d'une thèse dédiée à Séguier et reprenant le portrait du chancelier. Cette gravure porte la mention C. Le Brun delin[eatus]. Le reste de la composition est aussi attribué au peintre. Si l'on suppose le tableau antérieur de quelques années seulement à la gravure, il daterait des environs de 1650. Le chancelier avait alors 62 ans.£La deuxième gravure ayant reproduit à nouveau le modèle est datée de 1657. Elle est l'oeuvre de Robert Nanteuil, et porte cette fois la mention Carolus Le Brun pinxit. Le visage se rapproche davantage de celui du tableau. Nanteuil a bien reproduit la mèche de cheveux qui tombe sur le front, à la différence de Rousselet. On connaît une troisième gravure, très proche de la précédente. Signée par Pierre-Louis Van Schuppen, elle est datée de 1662, et porte elle aussi la mention Carolus Le Brun pinxit.£Au final, le tableau de Saint-Brisson est-il un original, une réplique d'atelier, une copie contemporaine, ou encore une copie tardive d'après la gravure ? M. Sylvain Laveissière ne connaît pas d'autre version de cette taille et de cette qualité et pense que le tableau de Saint-Brisson constitue la tête de ligne du portrait de Séguier. La comparaison avec les tableaux des années 1650, après le séjour de Le Brun à Rome (1642-1645) dans l'ombre de Poussin, est fructueuse : il souligne les carnations chaudes de cette peinture, dont l'exécution n'est pas enlevée, et qui reflète par sa 'sagesse' l'oeuvre du peintre dans les années 1650.£D'après Renaud Benoît-Cattin, ce tableau ne semble pas pouvoir être attribué à Charles Le Brun (les traits du visage et les plis des vêtements étant beaucoup trop secs), il s'agirait plutôt, d'après lui, très probablement d'une copie d'après Le Brun, via la gravure (ovale) de Robert Nanteuil.