Description historique
Jean-Arnaud de Castellane est né le 11 décembre 1733 à Pont-Saint-Esprit. D'abord vicaire général de Reims, il est nommé évêque de Mende le 1er novembre 1767. Sacré le 25 janvier 1768 dans la chapelle du roi à Versailles, il prend possession de son siège le 14 février de la même année. Le prélat demeure en son diocèse où il engage notamment la réparation de la cathédrale. Son attitude pendant la Révolution ainsi que les circonstances de sa mort tragique l'ont rendu célèbre. Refusant en 1791, comme l'immense majorité des évêques, la Constitution civile du clergé, il quitte Mende lors de l'élection du nouvel évêque, Étienne Nogaret, et s'installe au château épiscopal de Chanac. Sa présence encourage le mouvement de révolte contre-révolutionnaire qui gagne le Gévaudan et qui est sévèrement réprimé par l'Assembléenationale. Le 28 mars 1792, un mandat d'amener est lancé contre lui. Son neveu parisien, Michel Ange de Bruges, le prévient et lui propose de s'enfuir en Suisse, via Lyon. Son signalement est peu amène : Taille : cinq pieds ; très laid, gravé de la petite vérole ; teint jaune, petit nez un peu écrasé ; tête branlante, portant perruque ; le corps et lesjambes bien faits ; âgé d'environ 60 ans. Tenu de quitter la France, il est arrêté à Paris et transféré devant la Haute Cour d'Orléans avec de nombreux prisonniers politiques traqués après le 10 août 1792. Sur ordre de la Commune de Paris, les prisonniers sont ramenés vers la capitale lorsque l'escorte armée les massacre à l'arme blanche devant l'escalier des Cent Marches du château de Versailles. Malgré les efforts du maire Hippolyte Richaud, les malheureux seront tous exécutés le 9 septembre 1792, dernières victimes des sinistres épurations ordonnées par la Commune. Cet événement, appelé massacre des prisonniers d'Orléans, est immortalisé en 1854 par une peinture du peintre Jules Rigo, Dévouement héroïque d'Hyacinthe Richaud, maire de Versailles, le 9 septembre 1792, conservée au musée Lambinet à Versailles. L'évêque de Mende est représenté derrière le maire, au centre du tableau. Il aurait été poignardé par un nommé Perrin, repris de justice. Les restes de Mgr de Castellane sont enterrés au cimetière Saint-Louis de Versailles. Avec sa mort disparaît le dernier comte de Gévaudan, titre que les évêques de Mende avaient obtenu au début du XIVe siècle, en 1307, lors de la signature du paréage entre le roi de France et l'évêque de Mende.Les armoiries, ciselées sur la coupe du calice, sont celles de Mgr de Castellane, évêque de Mende entre 1767 et 1792. Une inscription gravée sous la bâte du pied confirme cette appartenance. Toutefois, en examinant attentivement le calice, sa forme et son décor plaident pour une datation plus ancienne. Plus vraisemblablement fabriqué au XVIIe siècle, il lui a sans doute été donné dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, peut-être par la compagnie du Rosaire. Le calice est traditionnellement associé à une patène d'un orfèvre différent, ici la patène a été réalisée à Paris en 1768-1769 par un orfèvre non déterminé aux initiales G.A.J., datent qui correspondent bien au sacre de l'évêque de Castellane.