Description historique
Epoque romaine. Rapport à la Commission des Monuments historiques de M. Perrault-Dabot, inspecteur général honoraire, membre de la Commission le 24 février 1928 : La Commission des Monuments historiques dans sa séance du 11 mars dernier (1927), s'est prononcée, sur ma proposition, en faveur du classement d'un sarcophage en marbre blanc, de l'époque romaine conservé au Bourgneuf (Saône-et-Loire), dans le parc d'une maison construite au commencement du XIXe siècle par le général comte Duhesme et appartenant actuellement à M. x, demeurant à Paris, rue x. Ce sarcophage, orné de bas-reliefs à personnages sur trois de ses faces, représente à la face antérieure (la mieux conservée), les trois scènes connues sous les noms de : Départ d'Hippolyte pour la chasse, sa mort et le récit de ce trépas. Il existe un certain nombre d'exemplaires de sarcophages portant les mêmes sujets en Italie notamment, et au musée du Louvre, ces derniers décrits par M. Reinach, dans son Répertoire de la Statuaire grecque et romaine. En ce qui concerne celui du Bourgneuf, il résulte des recherches faites par M. Armand Calliat, secrétaire de la Société d'archéologie de Chalon et correspondant de la Commission, que ce sarcophage était déposé autrefois à la porte de l'église de Notre-Dame du Plan, située à trois kilomètres d'Hyères. C'est là qu'il aurait été acquis, puis transporté à son emplacement actuel par le général Duhesme, alors gouverneur de Lyon, poste auquel il avait été nommé en 1802. A la date du 1er avril dernier (1927), l'Administration a prié M. le Préfet de Saône-et-Loire de se mettre en rapport avec M. Grachet, en vue d'obtenir son consentement au classement proposé. Ce dernier ne se trouvant pas au Bourgneuf à cette époque, M. le Préfet a sasi de la question son collègue, M. le Préfet de la Seine. Celui-ci, après avoir fait le nécessaire auprès de M. Grachet, informait l'Administration, le 26 juin dernier, qu'il n'avait reçu aucune réponse du propriétaire du moment et qu'il considérait ce silence comme un refus. Mon avis, ayant été alors demandé à ce sujet, il m'a semblé qu'une démarche officieuse, de ma part, pouvait avoir un bon résultat, en me permettant de connaître les motifs de ce refus tacite, et peut-être en donnant toutes explications désirables à M. x, de dissiper les préventions qu'il parassait avoir, à l'égard d'une mesure de classement. Etant allé le voir en septembre dernier, je ne l'ai pas trouvé, mais, reçu par sa femme, qui était au courant de la question, je lui ai donné tous les éclaircissements qu'elle m'a demandés et elle m'a promis d'en faire part à son mari. Au bout d'un certain temps, n'ayant pas de réponse, je fis une dernière tentative, pour rappeler à M. x l'objet de ma visite. Il ne me fut pas davantage répondu. En présence d'une telle mauvaise volonté, il n'y a bien entendu plus lieu d'insister. Je ne puis, en conséauence, que laisser à la Commission des Monuments historiques le soin de décider s'il ne convient pas de poursuivre le classement d'office du sarcophage, dont il s'agit, avec indemnité au propriétaire en vertu de la loi de 1913, comm il a été fait récemment dans la région voisine pour les autels gallo-romains de Savigny-les-Beaume, plus intéressants pour l'histoire locale, mais dont l'importance au point de vue artistique, est bien moins grande.