Description historique
Ce tableau, mentionné dans les inventaires de l'église, avait été déposé dans la cave de la mairie. Il a été redécouvert lors de la double opération de recensement et de récolement effectuée dans la commune en 2008. Il existe, dans l'église, une chapelle dédiée à la Vierge avec un retable du XVIIIe siècle, dont la partie centrale aurait pu accueillir ce tableau. Néanmoins, la présence du tableau au XVIIIe siècle dans cet édifice n'a été confirmée par aucun document d'archive et aucun lien ni avec la famille Alleaume ou avec le marquis de Romé, seigneurs de Verneuil et principaux donateurs à cette époque, n'a pu être établi. On ignore de ce fait le nom du commanditaire de cette oeuvre, qui pourrait être également le fruit d'une donation faite au XIXe siècle. Lors de la restauration du tableau, une signature au revers de la toile a permis d'attribuer ce tableau au peintre Antonio Gonzalez Ruiz (1711-1788), peintre espagnol. Originaire de Navarre, est issu d'une famille de peintres. disciple d'Houasse à Madrid de 1726 à 1730, il travaille à Paris, Rome et Naples avant de rentrer à Madrid vers 1737. Il est l'un des principaux acteurs de l'académie San Fernando, dont il sera avec Van Loo l'un des directeurs de la peinture avant de devenir directeur général en 1769. Sa production, essentiellement conservée aujourd'hui en Espagne, comprend un grand nombre d'oeuvres religieuses, mais également des portraits, des scènes de genre et des modèles de tapisserie. Bien que Gonzalez Ruiz ait travaillé à Paris vers 1732, il est plus probable d'attribuer le tableau de la Vierge à L'Enfant de Verneuil-sur-Seine à sa période de production religieuse que l'on peut situer à partir de 1750. De cette oeuvre on retrouvera dans plusieurs compositions le visage joufflu si particulier de l'Enfant Jésus, réutilisé pour les visages des enfants et des anges comme notamment pour l'ange endormi placé en partie gauche du portrait de Ferdinand VI du musée de l'Académie des Beaux-Arts de San Fernando (1754). Bien que la composition de l'oeuvre de Verneuil soit comparable à celle du tableau visible dans l'église de la ville natale du peintre, à Corolla (Vierge à l'Enfant dite Vierge du Rosaire, 1779), elle se démarque néanmoins par sa plus grande complexité (présence des angelots, fleurs), donnant un prétexte à l'artiste pour user d'une palette chromatique plus riche.