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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineLa Corne d'Or
La Corne d'Or



Référence de la notice
MNR01009
Nom de la base
Rose-Valland (MNR-Jeu de Paume)
Producteur
Musées Nationaux Récupération (MNR)
Date de dernière modification de la notice
11 octobre 2023
Avertissement
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Identification de l'oeuvre et de l'auteur
Numéro d'inventaire
MNR 1009
Autres numéros
RF 2000 82 : ancien numéro d'inventaire de collection nationale.
MA-B 1084 : numéro ERR.
Producteur
Musées Nationaux Récupération (MNR)
Domaine
Auteur / exécutant / collecteur
SIGNAC Paul
École
École française
Titre
La Corne d'Or
Ancien titre
Constantinople, la Corne d'Or
Contexte de création
Millénaire
1907
Description iconographique et matérielle
Technique
Toile ; peinture à l'huile
Inscriptions
Signé daté en bas à droite "P. Signac/1907"
Historique et parcours du bien
Historique
D'abord propriété de la galerie Bernheim-Jeune, puis de l'acteur Max Linder en 1913, il est vendu par la galerie Jean Metthey. C'est là que Gaston Lévy acquiert l’œuvre le 10 juin 1927.
A l'arrivée des Allemands à Paris, en juin 1940, Gaston Lévy envoie une grande partie de ses collections dans sa résidence de province, au château des Bouffards, à Brinon-sur-Sauldre, à la limite de la ligne de démarcation, mais en zone occupée. C'est là que ses biens et ses collections sont saisis par des "soldats allemands", vers le mois d'octobre 1940, selon le témoignage du garde assermenté du château, Alphonse Depardieu (1). Il précise que cette spoliation concerne à la fois le mobilier présent de longue date au château, comme les collections apportées récemment de Paris.
Les tableaux de Pissarro (MNR 1010) et de Signac faisaient très certainement partie des œuvres emportées à ce moment, même si aucune liste n'en a été dressée. Pourtant, ce n'est qu'en juin 1943 que les deux toiles sont enregistrées à l'ERR, sous les numéros MA-B 1082 (Pissarro) et MA-B 1084 (Signac) (2) et que, sans doute, elles arrivent au Jeu de Paume à Paris. Les fiches rédigées pour l'occasion ne fournissent aucun lien avec Gaston Lévy. Il convient de noter que le MA-B 1083 Signac, "Le radeau", dit aussi "Herblay, la patte d'Oie" (localisation actuelle inconnue), a également appartenu à Gaston Lévy.
Les deux œuvres quittent Paris le 4 mai 1944 et sont envoyées à Nikolsburg puis au château de Kogl (n° 687/4) où elles sont retrouvées après la guerre par les Alliés.
Le Signac est transféré le 21 mars 1946 au Central Collecting Point de Munich (n° 22355/4) (3).
Le tableau est rapatrié vers la France par le vingt-et-unième convoi en provenance de Munich le 25 septembre 1947 et il entre à la commission de récupération Artistique (CRA), mais il n'y a aucune trace de sa sortie.
Pour des raisons inconnues, Gaston Lévy, qui réside alors à l'étranger, ne fait pas de réclamation après la guerre auprès de la commission de récupération artistique ; en revanche, il présente une revendication auprès des autorités allemandes dans le cadre de la loi BRüG ; le Signac et le Pissarro figurent dans la liste des œuvres perdues, suggérant que Gaston Lévy ne les avait pas récupérées.
En 1988, le Signac et le Pissarro réapparaissent et sont saisis le 23 avril par les douanes françaises alors qu'ils sont exportés frauduleusement sans autorisation de sortie de territoire. Ils sont alors la propriété de la société Niconique qui tentait de les exporter en Belgique ; cette société appartient à un ressortissant américain né en Lituanie. Celui-ci tente de récupérer les œuvres et, après épuisement des actions contentieuses, celles-ci sont saisies puis intégrées aux collections nationales en 2000 et attribuées au musée d'Orsay. Le tableau de Signac est inscrit sous le numéro RF 2000 82, puis déposé au musée des beaux-arts de Marseille.
La découverte de la provenance véritable et le passage de l’œuvre vers la commission de récupération artistique après la guerre ont conduit le ministère de la Culture et le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères à faire droit à la famille de Gaston Lévy. L’œuvre est alors radiée des inventaires du musée d'Orsay puis inscrite symétriquement sur l'inventaire des biens de la récupération artistique par arrêté du 16 juillet 2018 pour permettre la restitution qui a lieu le 26 juillet 2018.