Historique
L'OAR 459 a pu être identifié comme provenant de la collection de Heinrich Himmler à partir de son descriptif et de ses dimensions donnés dans les documents anglais de restitution et notamment dans le rapport de L. G. Perry du 16 mars 1950, repris dans le rapport de E. G. Norris du 23 mars 1950 : « [n°] 1 - Tapisserie : 300x300[cm]. Chasse au sanglier. Achetée à Maquet, Paris, pour 1.400 - RM (Muel 1014, Dyck 2569, York House Room 108) » (1).
Dans la « Liste des tapisseries attribuées à la Direction des Musées de France, [...] retrouvées hors du territoire national » la description est la suivante : « [OAR 459] n° d'inv. OBIP : 230 ; n° d'inv. Berryer : 200 ; n° allemand : 9487 ; Provenance n° de convoi : 6° Düsseldorf ; Epoque ou Pays, Auteur : Aubusson XVII° ; Sujet et matière : Chasse au sanglier » (2).
Le sixième convoi en provenance de Düsseldorf arrive à Paris le 6 octobre 1950, est déballé le 2 mars 1951 ; la tapisserie est mentionnée ainsi dans le calepin de déballage : « [n° allemand : ] 9487 ; R. B : 200 ; OBIP : 230 ; Tapisserie [OAR 459] » (3).
La tapisserie « La chasse au sanglier » a été achetée chez le marchand Maquet à Paris, 69, rue des Saints Pères, pour le compte d'Heinrich Himmler (4). Elle se trouve à Berlin dans les bureaux SS : « Tapisserie 300 x 300, chasse au sanglier - Maquet » d'après le rapport Jan Vlug de 1945 (5) ; au moment de la débâcle allemande, cette tapisserie a été envoyée au château de Wewelsburg, près de Paderborn (6), où elle se trouvait encore au moment de l'arrivée des troupes alliées (7).
Elle est alors prise en charge par le « Monuments & Fine Arts Section » du Haut-Commissariat anglais et envoyée au Central Collecting Point de Düsseldorf (château de Dyck) et enregistrée sous le numéro « 2569 » (8).
La découverte, par les services américains du Central Collecting Point de Munich, de la comptabilité de Josef Mühlmann a permis de retrouver la trace de l'acquisition de cette tapisserie à Paris, chez le marchand Maquet (n° 1014 de la comptabilité Mühlmann). L'information fut alors transmise au Service anglais qui, dans un document du 16 mars 1950 signé E. C. Norris, Chef de section, proposa la restitution de cette tapisserie (9). Une demande de restitution fut établie le 24 mars 1950 (« claim » n° 9487) par le Haut-Commissariat de la République Française en Allemagne, service de la Remise en Place des Oeuvres d'art, signée du Colonel Bizard. La restitution de cette tapisserie fut accordée par le haut commissariat anglais (section M&FA) le 15 avril 1950 (10).
La tapisserie a été restituée le 28 septembre 1950 par le Haut-Commissariat britannique à l'Office des Biens et Intérêts Privés (OBIP). Elle revient à Paris par le sixième convoi en provenance de Düsseldorf le 6 octobre 1950, est déballée le 2 mars 1951 « n° Allemand : 9487 » (11). Cette tapisserie a été inscrite sur la liste des oeuvres mises à la disposition des musées nationaux par l'OBIP (2). Retenue lors de la sixième commission de choix des oeuvres de la récupération artistique du 29 mai 1951 (13), la tapisserie est alors prise en charge par la direction des musées de France et confiée par celle-ci à la garde du musée du Louvre (département des Objets d'art) en 1951 (14). L'oeuvre est alors inscrite dans l'Inventaire Objets d'Art Récupération, établi par Hubert Landais, sous le numéro OAR 459 (15). Elle est déposée au château de Compiègne le 1er octobre 1952 « près [de la] salle 6 » (16) ; elle revient au département des Objets d'art du musée du Louvre le 19 septembre 1966 (17). Un prêt est accordé au Conseil général des Pyrénées atlantiques en 1973, jusqu' en 2010 (18). L'oeuvre est actuellement conservée dans les réserves du département des Objets d'art du musée du Louvre.