Calcaire ; Cette figure d'applique représente un évêque aujourd'hui acéphale revêtu de son costume liturgique. Il tient devant lui, sur sa main gauche, la mitre qui couronne la calotte crânienne désolidarisée du chef. Cet élément iconographique ne suffit pas à préciser l'identité du personnage car plusieurs saints, Denis, Nicaise, Piat, Clair et Symphorien portent ainsi leur tête après avoir subi le supplice de la décapitation. La figure se caractérise par la divergence et la multiplicité de ses lignes constructrices. La grande animation qui règne sur le manteau conduit ainsi à une certaine confusion. En outre, les volumes et l'étoffe sont traités avec une raideur que seule vient infléchir la légère flexion du genou droit. Au contact du sol, l'aube s'écrase en plis anguleux d'une grande sécheresse. La figure présente des analogies avec le saint Bénigne de l'église de Saint-Baraing (Jura) qui se manifestent par une conception du manteau très voisine. La position des bras engendre un même plissement de l'étoffe et les retombées s'effectuent de manière analogue sur les côtés. En revanche, sur le devant, les quatre plis serrés de la chasuble s'éloignent sensiblement de la forme des deux plis espacés du vêtement de saint Bénigne. Les deux personnages prennent appui sur la jambe gauche. Le fléchissement de la jambe droite apparaît cependant plus marqué chez le saint évêque acéphale. Le large pli médian de l'aube, qui s'étale au sol, n'existe pas chez celui-ci mais l'étoffe se retrousse de la même façon sur le pied droit, seul visible également. La longueur excessive de l'aube, occasionnant sa cassure sur les pieds, se rencontre notamment dans des œuvres du Jura, issues d'ateliers bourguignons de la fin du Moyen Âge, comme le saint Prudent de Malange, le saint Vincent de Ménétru-le-Vignoble ou le saint Laurent de Peintre. Elles font référence au parti adopté par Antoine le Moiturier pour les deux anges de l'église de Saint-Pierre d'Avignon, réalisés entre le 6 avril 1463 (date de passation du marché) et 1465 (au jour de la fête de saint Jean-Baptiste). L'aube se casse à la hauteur des chevilles tandis que de larges pans du vêtement balaient le sol. L'imagier fit connaître sa manière lors de ses séjours en Bourgogne entre 1462 - date à laquelle il fut appelé pour terminer le second tombeau ducal, laissé inachevé par Jean de la Huerta - en 1495. La figure du saint évêque est l'œuvre d'un sculpteur malhabile. La juxtaposition des volumes empêche toute unité d'ensemble. Sa place chronologique dans la production bourguignonne s'avère difficile à préciser autrement que vers la fin du XVe siècle. (Françoise Daloz)(JANNET Monique et JOUBERT Fabienne (dir.), Sculpture médiévale en Bourgogne - Collection lapidaire du Musée archéologique de Dijon, EUD, 2000)