Description
Calcaire taillé ; Cet ange traité en ronde-bosse a perdu en quasi-totalité les éléments qui permettaient de l'identifier. Il porte un robe dont le type renvoie à la tenue vestimentaire que portent ses congénères. La corporéité sous l'étoffe se manifeste par une sveltesse et une souplesse, signes indéniables d'un sujet jeune. Le fléchissement de la jambe d'appui, visible sous la robe à la hauteur du genou, entraîne un léger hanchement du corps vers la gauche. L'ange portait-il un attribut qui permettait d'expliquer sa posture ? Le vêtement offre un aspect mouvant et moelleux. Une ceinture, dont un court pan à motifs losangés est visible sur les côtés, serre la taille et génère une série de plis renflés qui vont mourir au sol, dissimulant les pieds tandis que sur la poitrine, l'effet blousant de l'étoffe participe à l'animation de l'ensemble. Les plis suivent très justement le mouvement du corps. Le fragment est un des deux blocs découverts lors de la démolition en 1936 d'une maison sise au carrefour des rues Musette, Odebert et Claude-Ramey. il était encastré dans le mur donnant rue Claude-Ramey et fut donné à la Commission peu de temps après. De même que la clef de voussure ornée d'une figure, il proviendrait, selon la Commission de l'ancienne église des Jacobins. La manière du sculpteur indique une bonne connaissance du milieu bourguignon de la seconde moitié du XVe siècle. L'aspect cassé et agité du bas de la robe ainsi que les plis blousants au dessus de la ceinture rappellent, avec cependant une moindre ampleur et qualité d'exécution, la conception du drapé de l'enfant de chœur au tombeau de Jean sans Peur. La cassure engendrant un triangle dans le bas de la robe à senestre figure parmi les nombreuses formules utilisées par les ateliers bourguignons. Cette formule triangulaire existe déjà sur les pleurants n°57 et 73 du tombeau ducal. Un schéma d'ensemble très voisin unit aussi cette figure à l'ange exterminateur du musée Rolin d'Autun. Cependant à Autun, le corps est plus hanché et la chute de l'étoffe suit des lignes verticales et parallèles alors qu'à Dijon le fléchissement de la jambe brise cette raideur pour introduire un accent dynamique. L'exécution du tombeau de Jean sans Peur, entre 1443 et 1469, constitue certes un indice de datation, cependant certains schémas ou formules sont répétées par des imagiers de second ordre durant une longue période, ce qui pourrait être le cas pour l'auteur de cet ange. (Françoise Daloz) (JANNET Monique et JOUBERT Fabienne (dir.), Sculpture médiévale en Bourgogne - Collection lapidaire du Musée archéologique de Dijon, EUD, 2000)