Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineAphrodite à la fontaine
Aphrodite à la fontaine

Référence de la notice
07150000534
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
19 juillet 2024
Date de mise à jour
23 juillet 2024
Crédits photographiques
François Dugué
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
FEC.8066
Domaine
Dénomination
Titre
Aphrodite à la fontaine
Contexte de création - contexte historique
Historique
Datation : Haut-Empire, 1er – 3e siècle Provenance / Lieu de production : provenance inconnue / atelier indéterminé
Description du bien muséal
Matériaux et techniques
Mesures
Hauteur en mm 132 ; largeur en mm 61 ; Profondeur en mm 35 ; Trou d'évent 21 x 16
Description
Matière : argile rose orangé ; engobe blanc Technique : moulage bivalve ; retouches à main libre ; engobé ; autrefois peint (?). Une empreinte digitale est visible sur la cuisse droite ; Au VIIIe siècle av. J.-C., Hésiode est le premier à mentionner la naissance d’Aphrodite dans la Théogonie : dans le mythe, Cronos mutile son père Ouranos afin de le détacher de sa mère Gaïa, et jette son sexe coupé dans les vagues du Pontos ; de ce membre jaillit plus tard une écume d’où naît une jeune fille, portée de Cythère à Chypre, d’une grande beauté et capable de faire fleurir le sol sous ses pieds. Elle est appelée Aphrodite, car elle est formée de l’écume des mers mais porte également d’autres noms comme Cythérée, Cyprigénie ou encore Philomédée89. C’est de ce mythe que lui vient le surnom d’anadyomène, du verbe ἀναδύομαι qui signifie « sortir de la mer », dont la représentation a connu un grand succès à partir de l’époque hellénistique. L’iconographie traditionnelle donne à voir la déesse nue sortant des eaux, retenant sa chevelure dénouée d’une main et un pan de drapé ou un objet de l’autre main, qui peut être un miroir-boîte, ou encore une patère à ombilic. Elle peut être représentée seule ou accompagnée par un animal, ou encore auprès d’une fontaine. L’œuvre du Musée des Pêcheries en est vraisemblablement un exemple. Dans la statuaire grecque, dont les rapports avec la coroplathie sont connus, le type est élaboré au IIIe siècle av. J.-C. par le sculpteur Doidalsès de Bithynie et montre la déesse accroupie tenant sa chevelure. Il connaît un grand succès durant toute la période romaine et se rencontre dans le décor des jardins et des nymphées. Le type de notre figurine diffère car la déesse est debout, mais il est possible que sa réalisation soit destinée à des lieux similaires ; elle est à côté d’une fontaine ornée de ce qui semble être un masque de théâtre d'où jaillit de l'eau. La femme nue, de face, se tient la jambe droite avancée et la gauche tendue, toutes deux cassées au genou ; une empreinte digitale est visible sur la cuisse droite. La main droite est ramenée vers le visage, tandis que l’autre tient un objet circulaire, un miroir ou une phiale. Coiffée d’un chignon et de mèches tombant sur les épaules, elle a un visage serein. Réalisée avec un moule bivalve, la figurine a été travaillée uniquement sur la face avant, tandis que l’arrière irrégulier est percé d’un trou d’évent. À partir de l’époque hellénistique, les figurines d’Aphrodite se multiplient, se répandent et se rencontrent à travers toute la Méditerranée, ce qui va de pair avec la diffusion du culte de la déesse, assimilée à des déesses locales des régions conquises dans la suite d’Alexandre le Grand puis de la conquête romaine, telles que l’Asie Mineure, l’Égypte, l’Afrique du Nord, qui ont livré des témoignages abondants et diversifiés. Après la conquête de la Gaule par César au milieu du Ier siècle av. J.-C., la religion romaine se diffuse encore et les dieux indigènes continuent d’être vénérés mais sous le nom romain des divinités auxquelles ils sont assimilés du fait de caractéristiques communes. Les statuettes de Vénus sont alors très répandues et associées au culte de la fertilité et elles revêtent le plus souvent la forme de l’anadyomène. Il ne nous a pas été possible d’identifier la provenance de l’œuvre conservée au Musée de Fécamp, ou de préciser sa datation, car elle reste singulière et sans parallèle pertinent. Cependant force est de constater qu’elle illustre un sujet révélateur d’une koinè méditerranéenne. La représentation de la déesse a en effet connu un tel succès qu’elle est immédiatement reconnaissable, même lorsqu’elle possède des caractéristiques iconographiques inédites. Sans tenir compte des nombreuses concrétions qui compliquent son identification, son usure générale peut être liée à la pratique du surmoulage, très répandue à l’époque romaine. Margot Tomi (M.T.)
Localisation
Fécamp ; Les Pêcheries, musée de Fécamp