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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineVillage soudanais
Village soudanais

Référence de la notice
07200001999
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
20 novembre 2005
Date de mise à jour
23 février 2026
Crédits photographiques
© KLEINEFENN
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2004.3.25
Domaine
Dénomination
Titre
Village soudanais
Auteur
Précisions sur l'auteur
COTTET : Le Puy, 1863 ; Paris, 1925
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1895
Historique
Cottet qui ne se résigna pas à peindre la Bretagne, dont il s'était fait pourtant une spécialité fort prisée de ses contemporains, voyagea beaucoup en quête de sensations neuves à introduire dans sa peinture. Chaque expédition lui fournit l'occasion d'affiner son métier et d'adapter sa technique aux contraintes nouvelles qu'offrent des horizons variés : ' Or, on savait aussi que, chaque fois qu'il a considéré des paysages différents, M. Cottet a développé et varié une manière de voir et des formes qui lui sont personnelles : valeur des noirs, rapports des noirs à des tons tendres ou éclatants ; enroulement de nuages, arrêtes nettes, contours anguleux, lignes brisées de maisons, de voiles ; qualité tremblante des reflets, s'il faut rappeler des exemples. Que, d'autre part, il figure chaque pays nouveau au moyen de quelques formes et de quelques rapports nouveaux dont sa palette s'enrichit, intensité des verts, des rouges d'intérieurs bretons ; voiles carrées, coiffes, châles noirs, valeur des murs ; ou bien rapport des noirs à l'atmosphère éclatante et transparente de l'Egypte, pulvérisation stridente des rayons solaires. ' L'attrait qu'exerce sur lui l'Orient prend une forme tangible dans sa peinture lorsque il obtient en 1894 une bourse de voyage ; il part le 5 novembre pour rentrer le 4 mars de l'année suivante. Après un bref passage par Venise, c'est en Egypte qu'il se rend où la découverte d'une lumière éclatante l'incite à reconsidérer les harmonies de sa palette. Le Village soudanais (Assouan 1895) montre la faculté d'adaptation d'un artiste qui jusque-là privilégiait des couleurs sombres et sourdes pour traduire l'ambiance de la Bretagne. Composée avec une grande simplicité, l'oeuvre est constituée de trois bandes superposées qui exaltent les contrastes violents du paysage. Le premier plan noyé dans l'ombre et rythmé de tombes et de rochers est peint dans des tons ocre, terre, gris bleuté et gris vert. Pour varier ses effets, Cottet met à profit la leçon impressionniste en réservant par endroit son support. Dans la partie intermédiaire, la lumière est portée par des couleurs vives savamment orchestrées. Sous un ciel aux douces harmonies de vert pâle et de rose, Charles Cottet restitue la qualité vibratoire de la lumière égyptienne à l'aide de tons stridents, jaune vif, orangé, carmin, fushia, ponctués de violets rompus. Les touches sont larges, juxtaposées à la manière impressionniste pour façonner la montagne ou bien truellées lorsqu'il s'agit de rendre les volumes lumineux des habitation. Ecrasé de soleil, chauffé à blanc, le paysage explose littéralement au centre de l'oeuvre, intemporel et majestueux. Au centre, deux infimes silhouettes d'hommes, hâtivement décrites, contribuent à donner au lieu toute sa grandeur. Il y a là un peu de cette Antiquité vivante chère à Delacroix, que Cottet dépeint aussi à la fin de 1894, dans Les Femmes Fellah (1894, Strasbourg, Musée d'art moderne et contemporain) saisies sur le même site au milieu des tombes, mais sous un angle de vue différent. Cependant dépassant l'esprit romantique de Delacroix, Cottet sait aussi percer le mystère de ce village, révéler sa beauté et son immédiate vérité. J.-P. M.
Localisation
Le Havre ; musée Malraux