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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineQuai des Grands Augustins
Quai des Grands Augustins
Référence de la notice
07200002026
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
20 novembre 2005
Date de mise à jour
23 février 2026
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2004.3.48
Domaine
Dénomination
Titre
Quai des Grands Augustins
Auteur
Précisions sur l'auteur
MARQUET : Bordeaux, 1875/03/27 ; Paris, 1947/06/13
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1905-1906
Époque
Fauvisme
Genèse
objet en rapport
Historique
En 1905, Albert Marquet et ses parents emménagent au 25 quai des Grands Augustins, situé sur la rive droite de la Seine entre le pont Saint Michel et le pont Neuf que l'on devine ici noyé de brume dans le lointain. Sur le quai des orfèvres, en face, le Palais de justice se dresse, bâtisse imposante qui occupe toute la pointe ouest de l'île de la cité. Marquet va vivre jusqu'en janvier 1908 dans cet appartement avant d'occuper l'atelier libéré par Matisse au 19 quai Saint Michel. Pendant ces trois années entrecoupées de voyages, Marquet peint ce site par tout les temps, selon un angle plus ou moins rapproché mais toujours de la fenêtre de son appartement avec une vue en plongeante sur la Seine et les quais qui la bordent. La Seine, grande diagonale qui organise la composition n'aura de cesse d'intéresser l'artiste. Au coeur de Paris, mais également en région parisienne, à Arcueil dès 1900, à Herblay, à Poissy ou à La frette dans les dernières années de sa vie, les eaux de la Seine sont omniprésentes. Marquet observe les mouvements de la ville, une silhouette noire poursuivie par son ombre pressée, le ballet des péniches, les calèches furtives. Dans Le Quai des Grands Augustins, la brume efface les détails pour ne rendre que les lignes des quais, le contour des monuments dans une harmonie de gris feutrée seulement rompue par les touches de vermillon de la péniche à quai. Dans Quai de la Seine, conservé au Musée Malraux, autre vue du quai des Grands-Augustins, le temps gris s'empare de chaque recoin de la toile. Matisse, évoquant ses souvenirs de jeunesse en compagnie de son ami Marquet se souvient des difficultés rencontrées : ' Marquet n'avait pas de quoi s'acheter des couleurs, surtout des cadmiums qui étaient d'un prix élevé. Aussi peignait-il gris, et peut-être cette condition de la vie matérielle favorisa-t-elle sa manière. '(1) Ce n'est pas la fulgurance de la couleur telle qu'on la rencontre dans l'oeuvre de Matisse ou Derain qui fait de Marquet un peintre fauve mais cette simplification de la forme traitée par grands aplats de couleurs sourdes, en demi-teintes. Est-ce par manque de moyen ou par choix que le peintre utilise ces teintes ? En juillet 1936 dans une lettre à sa femme qui séjourne en Provence dans sa famille, Marquet, resté à Paris, écrit : ' Il fait toujours un temps merveilleux, trop beau, c'est assez monotone et il me tarde de voir un peu de temps gris. '(2) Alors que les tonalités sourdes dominent dans ses séries de toiles parisiennes, les couleurs vibrent quand Marquet aborde la côte méditerranéenne. Grand voyageur, il reviendra toujours, en amoureux de Paris, peindre sur les berges de la Seine dans de grandes perspectives plongeantes réduisant la part du ciel pour décrire avec une plus grande précision l'activité urbaine, notamment dans la série sur le Pont-Neuf dans les années 1930 (Le Pont-Neuf sous la neige, Bordeaux, Musée des Beaux-Arts, Le Pont-Neuf la nuit, Paris, Musée National d'Art Moderne). En juin 1906, s'ouvre au Havre la première exposition du Cercle de l'Art Moderne fondé à l'initiative d'amateurs éclairés, Havrais d'origine, grands collectionneurs de peintures modernes parmi lesquels Olivier Senn, Charles-Auguste Marande, Georges Jean-Aubry. Marquet participera chaque année jusqu'en 1909 à ces expositions. En 1906, il envoie deux toiles Le Quai des Grands-Augustins, (temps gris) et Le Quai des Grands-Augustins, (brouillard) exposées sous les n° 58 et 59 respectivement. Georges Jean-Aubry, membre du Cercle, grand spécialiste de l'oeuvre de Boudin, propose à Marquet avant même l'ouverture de l'exposition d'acquérir ses toiles. Marquet refuse -probablement à cause du contrat d'exclusivité qu'il a signé avec Eugène Druet l'année précédente- et annonce son arrivée prochaine au Havre. Charles-Auguste Marande, membre du comité d'organisation du Cercle lègue au musée en 1936 sa collection. Une première vue du quai des Grands-Augustins par temps gris entre au musée Malraux, sous le titre Le Quai de Seine. Aujourd'hui la collection d'olivier Senn vient enrichir les cimaises du musée d'une autre perspective du quai par temps de brouillard. Ces deux toiles, très proches ont très probablement été peintes en 1905. Ces deux oeuvres réunies ont-elles été autrefois présentées ensemble dans l'Orangerie de l'Hôtel de ville du Havre pour la première exposition du Cercle de l'Art Moderne en 1906? Géraldine Lefebvre (1) ' Entretien avec Henri Matisse ', L'Art Vivant, n°18, 15 septembre 1925. (2) Achives Wildenstein Institute, Paris ; voir aussi : Quai de la Seine à Paris (A 472) Iconographie similaire
Localisation
Le Havre ; musée Malraux