Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineIntérieur à Sidi-Bou-Saïd
Intérieur à Sidi-Bou-Saïd
Référence de la notice
07200002027
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
20 novembre 2005
Date de mise à jour
23 février 2026
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
2004.3.49
Domaine
Dénomination
Titre
Intérieur à Sidi-Bou-Saïd
Auteur
Précisions sur l'auteur
MARQUET : Bordeaux, 1875/03/27 ; Paris, 1947/06/13
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1923 vers
Historique
Grand voyageur, Albert Marquet planta son chevalet dans de nombreuses villes du pourtour méditerranéen. Epris de vastes horizons maritimes, amoureux de la vie portuaire, il effectue un premier voyage au Maroc en août 1911 visitant Tanger, Rabat, Fez et Casablanca à dos de cheval. Il y retourne en 1912, au moment où Matisse découvre à son tour le Maroc, probablement suite aux nombreuses sollicitations épistolaires de son ami qui tenait à ce qu'il l'accompagne. En 1920, une grippe persistante décide Marquet à retourner sous le soleil d'Afrique du Nord. Il choisit pour destination l'Algérie, première rencontre en 1906 de Matisse avec l'Orient. C'est à Alger qu'il rencontre celle qui deviendra le 10 février 1923 sa femme, Marcelle Martinet. Un long voyage de noce en Tunisie, les mène de Tunis à Carthage puis à Sidi-Bou-Saïd, petit village situé sur le flan ouest d'un éperon rocheux ou ils resteront six mois entrecoupés de quelques séjours en France. ' Nous poursuivîmes notre exploration et laissant notre auto au bas de la côte, à travers champs, nous atteignîmes Sidi-Bou-Saïd[...]. Des maisons blanches, des boiseries bleues, des cactus, des agaves, un déferlement de fleurs des champs, coquelicots, ravenelles et marguerites, le tout dominant une mer vivante '(1) Ils s'installent dès leur arrivée, en mars, dans une maison blanche traditionnelle, aux volets bleus sur les hauteurs du village, maison prêtée par le Baron d'Erlanger, propriétaire de nombreuses villas. Dans Intérieur à Sidi-Bou-Saïd l'artiste nous fait partager l'intimité de sa retraite dans une harmonie de bleus tout à fait caractéristique des toiles peintes en Tunisie. Ce bleu lumineux va lier les différents espaces nous entraînant de l'entrée aux murs décorés de céramiques aux arabesques décoratives, d'un moucharabieh aux volutes en fer forgées à l'intimité du bureau dans lequel sa femme, Marcelle se tient assise. A travers ce jeu d'équivalence chromatique entre les différents espaces figures et ornements ne font plus qu'un. La blouse de Marcelle Marquet à l'imprimé fleuri s'harmonise au bouquet de fleurs des champs posé sur la table. Le rythme syncopé des couleurs, le damier noir et blanc du dallage, le bleu de l'embrasure de la porte et des plinthes, les murs blanchis à la chaux créent la dimension spatiale de l'oeuvre. C'est le décoratif qui prime dans cette toile comme chez Matisse au même moment dans sa série des Odalisques notamment. Marquet ne peindra qu'une vue de leur intérieur à Sidi-Bou-Saïd, s'intéressant principalement au point de vu merveilleux sur les eaux bleues de la baie et sur le village en escalier, aux maisons blanches accrochées à la roche et bordées de fleurs sauvages. Sa femme apparaît à plusieurs reprises dans les toiles du peintre. Souvent représentée dans un intérieur, penchée sur une petite table en train d'écrire (Contre-Jour à Alger, 1924). Elle rédigea plusieurs ouvrages sur son mari, sa vie et son oeuvre et publia également des romans sous le pseudonyme de Marcelle Marty. Elle l'accompagna dans la plupart de ses nombreux voyages. Après six mois passés en Tunisie, le couple rentre à Paris à la fin du mois de mai. Marquet rapporte une série de toiles du printemps à Sidi-Bou-Saïd à ses marchands. Druet et Bernhein acquiert la presque totalité des oeuvres et le succès est immédiat. Le 9 juin 1923, Druet achète Intérieur et le revend à Olivier Senn. Ce dernier connaît déjà le travail de Marquet en Afrique du Nord puisque le 19 juin 1922, il acquiert Massif de fleurs devant la baie, toile peinte à Alger l'année précédente (I 32bis, collection particulière). Charles Pacquement, Président de la Société des Amis du Luxembourg, grand collectionneur de peintures modernes va acheter également plusieurs toiles de Marquet peintes à Sidi-Bou-Saïd (I 619, I 589). Géraldine Lefebvre (1) M. Marquet, Lausanne, 1968, p.20, 22.
Localisation
Le Havre ; musée Malraux