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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoinePortrait d'un magistrat
Portrait d'un magistrat

Référence de la notice
08120000016
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 juin 2010
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Renaux Catherine
Crédits photographiques
© Fonds musée de Picardie, © Jeanneteau Marc
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.3054-782
Domaine
Dénomination
Titre
Portrait d'un magistrat
Auteur
Précisions sur l'auteur
LARGILLIERE : Paris, 1656 ; Paris, 1746
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1714 ; 1715
Genèse
objet en rapport
Historique
Formé à Anvers, puis à Londres à partir de 1674-1675, Largillierre s'installe de nouveau à Paris en 1682. Reçu à l'Académie en 1686, le peintre s'affirme peu à peu comme l'un des plus importants portraitistes de la fin du règne de Louis XIV. Auteur de très nombreux portraits isolés, mais aussi de groupes, il est le peintre de la grande bourgeoisie, à la différence de son contemporain, confrère et ami, Hyacinthe Rigaud, qui s'attache davantage aux familles princières et aux courtisans. Les deux toiles formant pendant représentent un couple encore anonyme, dont on découvrira peut-être un jour l'identité dans la généalogie de la donatrice. Celle-ci a également confié au musée d'Amiens, en 1927, le Portrait de Madame Aubet de Rosainville par Martin Dourlan, ainsi que quatre portraits également anonymes figurant des magistrats de la famille Fourment : on peut donc envisager, mais sans certitude, que les modèles des deux toiles qui nous intéressent ici appartiennent à la même famille. L'homme, coiffé d'une longue perruque, a revêtu la robe noire des magistrats (s'agit-il d'un avocat, d'un conseiller au Parlement de Paris ou dans une cour de province comme a pu le suggérer Georges de Lastic?) sur laquelle se détachent des rabats blancs. Son épouse, couverte d'un voile, porte un sombre vêtement hivernal bordé de fourrure, d'où émerge le désordre d'une fine chemise. Dominique Brême ( com. orale, 2000), qui insiste sur la qualité des deux toiles, précise que les coiffures permettent de les dater autour de 1715. L'artiste a su conférer à ses modèles, sans doute plus que quinquagénaires une contenance qui souligne leur personnalité : à la main de l'homme, dont l'index pointe en signe d'éloquence et d'autorité, répond celle de sa femme qui tient un livre d'où dépassent des signets. Le peintre a surtout su donner à ses personnages des traits empreints de réalisme, traduisant leurs caractères, alliant distinction et humanité. Le beau et sombre chromatisme de ces effigies, leur relatif dépouillement qui confine à l'austérité, combinés à la vigueur d'une touche fébrile, perceptible en particulier dans les drapés, en font deux cas singuliers dans l'oeuvre d'un maître souvent plus démonstratif. Notice de Matthieu Pinette ;
voir aussi : Portrait de la femme d'un magistrat (M.P.3054-783)
Localisation
Amiens ; musée de Picardie