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de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineScène de camp militaire
Scène de camp militaire

Référence de la notice
08120000027
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 juin 2010
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Renaux Catherine
Crédits photographiques
© Fonds musée de Picardie, © Jeanneteau, Marc
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.Lav.1894-205
Domaine
Dénomination
Titre
Scène de camp militaire
Précisions sur l'auteur
PATER : Valenciennes, 1695 ; Paris, 1736
École (pays)
France
Anciennes attributions
Ancienne attribution : LANCRET Nicolas (Paris, 1690 ; Paris, 1743)
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1720
Historique
Attribué à la fin du siècle dernier à Nicolas Lancret, le tableau ne paraît pas devoir être maintenu au sein de l'oeuvre de ce peintre. Au cours des dernières années, Xavier Salmon (communication orale et écrite, 1996) a pensé y reconnaître une oeuvre de jeunesse de Jean Antoine Watteau (1684-1721). Pierre Rosenberg (communication écrite, 1997) pense que la toile ne peut revenir en 'aucune manière' à cet artiste ; n'y voyant pas davantage une oeuvre de Lancret ou de Pater, il préfère suggérer le nom de Bonaventure de Bar, artiste, hélas bien mal documenté. Martin Eidelberg (communication écrite, 1999) n'écarte pas non plus cette dernière hypothèse, tout en évoquant plus généralement l'art de Jean-Baptiste Pater (en particulier pour les personnages assis au centre), mais il estime que les figures placées à droite et à gauche sont d'un esprit différent. Enfin Marianne Roland-Michel (communication écrite, 2003) considère l'attribution à de Bar comme discutable (d'autant qu'elle juge la toile d'une toute autre main que la Fête villageoise, appartenant également au musée d'Amiens, et qui lui paraît pouvoir revenir à cet artiste). La scène nous transporte dans un campement militaire ; devant une tente des soldats trinquent, lutinent ou conversent avec de jeunes femmes ; à droite un officier s'avance donnant le bras à une dame ; à gauche des gardes sont couchés auprès d'un arbre. Dans une échappée ouverte sur le lointain, on aperçoit d'autres groupes assemblés autour de bivouacs fumants. Ce type de composition qui développe un vocabulaire galant et militaire, a été élaboré suivant la tradition nordique, par Jean-Antoine Watteau. Celui-ci a eu l'occasion, lors des dernières années de la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714) de constater, et ce en particulier lors d'un séjour dans sa propre ville de Valenciennes (1709), les effets désastreux de ce long conflit, ruineux et peu décisif. Dans une dizaine de tableaux, le jeune peintre a brossé des scènes militaires où règne une ambiance d'attente, de vacuité et de fatigue désabusée, mais aussi de calme et de sérénité. Ses émules, directs ou non, ont multiplié les versions sur ce thème, dans un sens plus enjoué, qui toutes utilisent les mêmes artifices : dans le cadre d'installations aussi provisoires que campagnardes, évolue un peuple de soldats et d'aimables beautés accompagnées d'enfants, occupé à d'insouciantes besognes. De ces vues, qui narrent les charmes d'une vie errante et belliqueuse, ouverte à toutes les aventures, se dégage une impression festive et réjouissante, teintée de mélancolie. Jean-Baptiste Pater est l'auteur de toute une série de pièces évoquant cet univers où la guerre et l'amour se mêlent. Dans les Vivandières de Brest (vers 1720), de la Wallace Collection de Londres, il élabore une composition très similaire, dans laquelle on retrouve des détails semblables à la toile d'Amiens (motif de la tente, garde couché, soldats empressés et filles peu farouches...). On observe des analogies comparables dans Tentes de vivandiers du quartier général ou deux 'divertissements militaires' passés en vente publique récemment. Enfin, La Halte à l'auberge (vers 1730), appartenant à la collection Rau, ou la Foire de Bezons (vers 1733-1736), du Metropolitan Museum, renferment comme nombre de travaux réalisés par Pater dans cet esprit, certains accents proches du tableau d'Amiens. La paternité de cette oeuvre plaisante demeure donc fort discutée, d'autant que d'autres suiveurs de Watteau, Lancret ou Pater, dont l'oeuvre reste encore largement à explorer, ont volontiers prolongé ce séduisant répertoire, tels François Octavien (Rome, 1682 - Versailles, 1740) ou Pierre Antoine Quillard (Paris, vers 1704 - Lisbonne, 1733). Notice de Matthieu Pinette
Localisation
Amiens ; musée de Picardie