Ministère
de la Culture
POP | Plateforme ouverte du patrimoineNature morte à la corbeille de raisins, avec trois pommes, une poire et deux massepains
Nature morte à la corbeille de raisins, avec trois pommes, une poire et deux massepains

Référence de la notice
08120000183
Nom de la base
Collections des musées de France (Joconde)
Date de création
28 juin 2010
Date de mise à jour
23 février 2026
Rédacteur de la notice
Renaux Catherine
Crédits photographiques
© Fonds musée de Picardie, © Jeanneteau Marc
Identification du bien muséal
Numéro d'inventaire
M.P.Lav.1894-141
Domaine
Dénomination
Titre
Nature morte à la corbeille de raisins, avec trois pommes, une poire et deux massepains
Précisions sur l'auteur
CHARDIN : Paris, 1699 ; Paris, 1779
École (pays)
France
Contexte de création - contexte historique
Période de création
Millésime de création
1765
Genèse
objet en rapport
Historique
Dans cette toile, dont une autre version - issue de la collection du marquis de Livois (1736-1790) - est connue au musée d'Angers, Chardin se contente de placer autour d'une corbeille d'osier emplie de raisins, quelques fruits (trois pommes d'api et une poire) ainsi que deux pâtisseries. En 1748, Chardin interrompt brusquement son travail sur les scènes de genre et revient à la nature morte, mais d'une manière bien différente de ce qu'il réalisait au début de sa carrière. Comme on l'observe dans ce tableau, il privilégie désormais l'effet d'ensemble plutôt que le détail de chaque élément. La 'scène' baigne dans un clair-obscur assez marqué, doucement spectaculaire. Le rendu des objets est incertain, comme dissous par un léger brouillard. En revanche, les reflets sur les fruits et sur chaque grain de raisin créent de vifs éclats. La toile possédait à l'origine son pendant, Panier de prunes avec noix, groseilles et cerises, dont deux versions sont connues (correspondant à chacun des exemplaires d'Amiens et d'Angers). Sans doute doit-on citer à nouveau, à l'occasion de cette peinture qui figura peut-être au Salon de 1765 (à moins qu'il ne s'agisse de son 'double' d'Angers), le commentaire enthousiaste du critique et philosophe Denis Diderot (1713-1784) à propos des toiles présentées cette année-là par l'artiste : 'Vous venez à temps, Chardin, pour recréer mes yeux que votre confrère Challe avait mortellement affligés. Vous revoilà donc, grand magicien, avec vos compositions muettes ! Qu'elles parlent éloquemment à l'artiste ! Tout ce qu'elles lui disent sur l'imitation de la nature, la science de la couleur et l'harmonie ! Comme l'air circule autour de ces objets.' 'Dispersez seulement autour de la corbeille quelques grains de raisin séparés, un macaron, une poire, et deux ou trois pommes d'api ; on conviendra que des grains de raisin séparés, un macaron, des pommes d'api isolées, ne sont pas favorables ni de forme, ni de couleur ; cependant qu'on voie le tableau de Chardin. Et Diderot d'ajouter : 'Cet homme est le premier coloriste du Salon, et peut-être un des premiers coloristes de la peinture. ' 'Le faire de Chardin est particulier. Il a de commun avec la manière heurtée, que de près on ne sait ce que c'est, et qu'à mesure qu'on s'éloigne l'objet se crée, et finit par être celui de la nature même.' Notice de Matthieu Pinette ;
en rapport avec : Nature morte à la corbeille de raisin
Localisation
Amiens ; musée de Picardie