Précisions sur le sujet représenté
Révélé par Jacques Foucart à l'occasion de l'exposition du Grand Palais (Paris, 1977-1978), ce panneau représente saint Jérôme dans le désert. L'image de cette grande figure du christianisme, considéré comme l'un des quatre Docteurs de l'Eglise, a été popularisé par un nombre incalculable de représentations depuis le Moyen Age. Ce saint homme du IVe siècle, traducteur de la Bible en latin, avait souhaité, afin de se consacrer pleinement à Dieu durant trois ans de sa vie, se retirer du monde afin de méditer, loin des vanités terrestres dans l'ascèse et les privations, sur la condition de l'homme et la toute puissance du Créateur. C'est dans sa retraite que Jérôme nous apparaît ici, accompagné de l'unique compagnon de sa vie d'ermite, un lion qu'il aurait soigné en lui retirant une épine plantée dans la patte, et qui, dès lors, ne quitta plus son bienfaiteur. L'artiste nous présente l'anachorète avec les instruments de son renoncement et de sa réflexion mystique (crâne, crucifix, livres saints...). Assis à l'entrée d'une grotte, préoccupé par la seule lecture de la Bible qu'il tient entre ses mains, Jérôme est témoin d'une vision : la trompette du jugement dernier lui apparaît dans un nimbe et vient lui confirmer la force de son engagement. Plus connu pour ses représentations de scènes populaires, David Teniers, à qui l'on doit l'évocation d'autres grandes figures pénitentes (tels saint Antoine ou saint Paul), confine ici à la peinture d'histoire grâce à l'habile évocation de la vie de l'ermite. Il a su intégrer l'effigie à un paysage plaisant, autre genre exercé par l'artiste. L'art de Teniers - l'une des principales figures de la peinture flamande du XVIIe siècle - se révèle ici avec toute l'efficacité d'un travail à la fois léger et savant, où la sûreté de la touche accompagne la distinction des coloris. On rapprochera notamment ce panneau d'un cuivre appartenant au musée de Dijon et surtout d'un autre conservé à Autun. Notice de Matthieu Pinette