Description
Argile moulée, peinture rose, bleue et brune, trou d'évent. ; Saisie dans le mouvement de la marche, le pied droit légèrement avancé sur la plaquette quadrangulaire qui supporte la figurine, le jeune femme semble avoir particulièrement porté attention à son apparence avant de paraître pour la promenade. Savamment drapée dans un himation de couleur rose, qui épouse l'arrondi des épaules et dessine les courbes du buste en de souples plis ondulés, elle retient de ses deux mains l'étoffe du long manteau qui retombe en un flot épais, laissant cependant apparaître la fine tunique de couleur bleue, le chiton, dessinant le contour de la jambe et l'extrémité des sandales à semelles rouges. Les cheveux, réunis en un lourd chignon sur la nuque, soulignent le doux arrondi d'un visage mutin, aux yeux en amande, au nez fin, aux lèvres minces et carminées qui esquissent un sourire. Tout ici indique la maîtrise parfaite du coroplathe, le 'modeleur de coré, de jeune fille'. Une maîtrise qui s'exprime d'abord par la qualité technique de l'oeuvre. Le procédé de fabrication de ces petites pièces de terre cuite est dorénavant bien établi : les figurines, aux parois très minces, gagnent en légèreté ; les trous d'évent, perforation circulaire ici dans le revers à peine modelé de la statuette, tout en allégeant encore les oeuvres, en évitent l'éclatement au moment de la cuisson. Celles-ci, obtenues à partir de plusieurs moules dont les motifs, combinés à volonté, sont réunis à la barbotine, acquièrent une grande diversité dans le détail. La retouche enfin, sur la pièce elle-même, individualise chacune de ces créations qui, couvertes et parfois même d'un décor à l'or, deviennent des oeuvres d'art à part entière. La maîtrise technique sert avant tout la qualité de l'expression. Elle est très sensible dans cette petite statuette de quelques centimètres de haut par la finesse des traits du visage ou du travail de la chevelure, par la pose très étudiée de la jeune femme pleinement consciente de ses charmes, mais aussi par le jeu plastique au sein même du drapé où les lignes ondées des plis horizontaux recouvrant la poitrine, interrompus par les enroulements de l'étoffe autour des bras, s'opposent au caractère plus vertical du vêtement dans la partie inférieure de la figurine, dans un jeu de lignes mais aussi de formes dans lequel les courbes du corps féminin ne sont pas oubliés. Autant de caractères dont on fait volontiers le propre de la grande statuaire, qui, à partir de l'époque classique, a très largement inspiré les coroplathes, même si ici l'artiste béotien a préféré suivre sa propre inspiration dans un chant à la beauté et à la grâce féminine, qui a fait et fait encore de nos jours, la renommée des ateliers tanagréens de l'époque hellénistique.