Précisions sur les inscriptions
signature, b. g. : Schall Pinx. ; signature, b. d. : Descourtis Sculp. ; texte, b. : Paul accablé de fatigue et de chagrin, chercha des moyens de passer la nuit dans ce lieu ; mais il n'y avoit pas de branche de bois sec propre a allumer du feu, il sentit alors, par son expérience tout la faiblesse de ses..., et il se mit à pleurer. Virginie lui dit : j'ai été bien imprudente ! et elle se prit a verser des larmes. Cependant elle dit a Paul : prions dieu, mon frère, et il aura pitié de nous, a peine avoient ils fini leur priere, qu'ils entendirent un chien aboyer. il me semble, dit Virginie que c'est fidèle, le chien de notre case, en effet, un moment après, fidèle etoit a leurs pieds, aboyant, et les accablant de caresses ils appereurent (sic) Domingue qui accouroit a eux, a l'arrivée de ce bon noir, qui pleuroit de joie, ils se mirent aussi a pleurer, sans pouvoir lui dire un mot, quand Domingue eur entreprit ses sens ; o mes jeunes maitres leurs dit il que vos meres ont d'inquiétudes ! je je (sic) ne scavois (sic) moi même de quel coté vous chercher, enfin j'ai pris vos vieux habits a l'un et a l'autre, je les ai fait flairer a fidèle : et sur le champ, comme si ce pauvre animal m'eut entendu, il s'est mis a quêter sur vos pas, il m'a conduit, toujours en remuant la queue jusqu'à la rivière noire, c'est la ou j'ai appris d'un habitant que vous lui aviez ramené une négresse maronne, et qu'il vous avoit accordé sa grâce.
Description
Entre l'édition du roman Paul et Virginie de 1789 et 1806, Schall a peint deux séries d'illustrations. Celle-ci, gravée par Charles Melchior Descourtis, est composée de six scènes : la grâce de l'esclave ; Paul et Virginie retrouvés par Domingue ; la visite de M. de La Bourdonnais ; les adieux et le départ de Virginie ; la mort de Virginie et la prière.
Sujet représenté
scène (île Maurice, cycle narratif, Domingue, chien, secours, Paul, Virginie, forêt)
Précisions sur le sujet représenté
Le deuxième épisode représente Paul et Virginie retrouvés dans la forêt par l'esclave, Domingue et le chien, Fidèle. Après avoir demandé la grâce de l'esclave marronne, Paul et Virginie se sont perdus dans la forêt. Domingue, bras tendus, se précipite en direction des deux enfants retrouvés et le chien Fidèle vient lécher joyeusement le visage de Paul. La nature tourmentée représentée sur cette image est en harmonie avec les sentiments des personnages. Cette correspondance peut se lire également entre l'attitude des deux enfants et le dessin de l'arbre à gauche dont le mouvement du tronc et des branches semble amplifier leurs gestes. L'accent est mis sur l'apparition soudaine de Domingue avec le regard soulagé et les bras tendus des protagonistes vers le sauveur, l'inclinaison des arbres notamment le tronc et les feuilles d'un palmier représenté au second plan de la composition.