Deux esquisses de Maurice Rollinat au chien sont connues. L’une conservée au Musée de La Châtre, l’autre au Musée de Guéret. Toutes ses aquarelles ressemblent plus à des études qu’à des oeuvres achevées, l’oeuvre aboutie se trouve au Musée de Châteauroux donnée par l’auteur en septembre 1898. (Inv. 225). “ Le Musée de Châteauroux vient de recevoir une magnifique aquarelle encadrée, représentant Rollinat, faite par le peintre suèdois Osterlind, et qui a figuré au Salon de Paris, où elle a été très remarquée. M.Rollinat en a fait don à la commission du Musée de sa ville natale, qui a accepté ce tableau avec reconnaissance. L’artiste a représenté le poète berrichon assis au coin du feu, les pieds chaussés de gros sabots, appuyés contre les chenets de l’âtre. La figure si expressive de Rollinat, supérieurement traitée, se détache vigoureusement dans une attitude méditative. Les mains sont croisées naturellement sur les genoux. A ses côtés, son chien fidèle, un superbe lévrier, assis sur son derrière, allonge sa tête fine, et contemple le feu. Tout dans ce cadre d’intérieur, est admirer. Le veston et le pantalon de gros velours à côtes, avec ses reflets changeants, forment contraste avec la sombre cheminée rustique. C’est une bonne fortune pour notre Musée de possèder cette oeuvre d’art”. Ce don au Musée de Châteauroux a une histoire bien malheureuse, puisqu’elle sonne le glas de l’amitié qui avait unie le poète-musicien au peintre suèdois.Cécile Pouettre dans une lettre aux Maillaud datée du 15 juillet 1898 commente ces événements, sans trop élucider les raisons de cette brouille. “Les Osterlind sont décidément exécutés. Sous aucun prétexte Maurice ne veut entendre parler, ni avoir avec eux la moindre relation étant indigné de la manière dont ils ont agi à son égard - et il le leur a fait comprendre d’irrémédiable façon - donc, vous êtes bien assurés de ne pas les rencontrer à la maison car une fois que Maurice a banni de sa maison de faux-amis c’est bien fini ! - Je crois que les Osterlind voudraient bien quitter le pays, mais je les crois malheureusement bloqués ! (...) On nous a raconté à Paris, que M.Allan était venu essayer de vendre à l’état, le portrait de Maurice (ce cadeau qui m’était destiné) mais toutes démarches ont échoué, car on trouve cette aquarelle détestable et les amis ont été bien heureux de constater que leur Maurice n’avait pas l’air d’un échappé de Charenton, ainsi que l’a représenté le peintre suèdois - Or, à aucun prix Maurice ne veut de ce portrait et nous espèrons que M. Osterlind pourra le vendre au Musée de Châteauroux, ce qui contentera tout le monde(...)”