Description
Présentation générale : Cette vièle populaire est dénommée jogia sarangi. Le mot jogia est associé au nom d’une communauté de musiciens professionnels, les Jogi. Au Rajasthan, ces Jogi, de confession musulmane, possèdent une longue tradition musicale. Ils étaient autrefois entretenus par de riches propriétaires terriens hindous dont ils récitaient les généalogies en chantant la valeur, le courage et l’héroïsme de leurs ancêtres. Leurs répertoires comprenaient également les grandes épopées et légendes de l’Inde ancienne. Description des éléments : Vièle à manche court taillée dans un seul bloc de bois. La caisse rectangulaire aux angles arrondis sur l'arrière, est fortement cintrée. Une peau récente recouvre l'ouverture sur les deux tiers de sa hauteur. 1 chevalet de bois repose sur un renfort de cuir tandis que le bas de la caisse possède encore sa peau d'origine. Sur la partie gauche de la caisse, à la hauteur de la base du manche, sont encore visibles des traces indiquant l'emplacement où était disposé un bloc de colophane. 7 petites chevilles aux extrémités lancéolées et destinées à recevoir les cordes sympathiques, sont fixées latéralement sur le manche. Ce dernier est surmonté d'un volumineux chevillier, ayant pratiquement la forme d'un cube. 3 grosses chevilles, autour desquelles sont tendues les 3 cordes mélodiques, y sont emboîtées. Un bouton sommital orne la face supérieure du chevillier. 7 petits oeillets d'os par lesquels passent les cordes sympathiques, sont disposés le long de la touche, suivant une ligne oblique. Une dizaine de petits grelots métalliques est fixée sur le cordier de l'instrument. L'archet est manquant. Décor : La touche du manche ainsi que la partie frontale du chevillier sont incrustés de petits motifs géométriques en os, gravés d'ocelles, de traits obliques et de points.