Description historique
La première mise en eau du réservoir est visible sur un croquis aquarellé datable de 1673-74. Il fut remis à sec pour la poursuite des travaux par Riquet puis par Vauban jusqu'à sa remise en eau définitive en 1694. Plusieurs relevés établis autour de 1770 donnent les courbes de niveaux du vallon de Saint-Ferréol. En 1769, on construit à l'intérieur du réservoir, au-dessus du tambour, un repère revêtu de pierre de taille pour marquer la hauteur des eaux : la pyramide. Des travaux réguliers sont nécessaires pour désensabler le réservoir. L'extension des francs-bords, aux abords du bassin, devient nécessaire pour l'évolution du barrage. La rive gauche du réservoir est longée par une rigole de dérivation des eaux du Laudot. En 1733 est réalisée l'acquisition de la métairie du Boscaud pour améliorer son tracé et l'écarter de la berge. De 1741 à 1743, on construit à neuf sur cette rigole un épanchoir en parement de pierre de taille, puis un reversoir pour prendre les eaux du canal de dérivation. Les mesures d'étanchéité concernent, parallèlement à la digue, l'imperméabilité de cette rigole qui exerce un travail de sape au pied même du terrassement. En 1765, on envisage un contournement plus large par la métairie de L'Encastre. L'acquisition de la métairie de L'Encastre, en 1766, est réalisée dans ce but. La confortation de la rigole de dérivation reste une préoccupation majeure jusqu'au début du 19e siècle, pour aboutir en 1846-1850 à la création d'un aqueduc de 30 mètres qui assure l'étanchéité du terrassement. Dès 1766, les plantations autour du réservoir sont recensées, notamment aulnes et saules. La première moitié du XIXe siècle est marquée par un relâchement de l'entretien des berges et par la dégradation des francs-bords. Les arbres sont mis en exploitation et de nouvelles plantations sont programmées. Autour des années 1873-74 a lieu une phase de reboisement massif, en chênes et pins Lariccio, au sud du bassin. Côté rive droite, la métairie de Sujol ou Saint-Ferréol est acquise le 15 avril 1745. En 1753, la rive droite du lac est décrite bordée par des quartiers de pierre et entourée de foin. Les relevés établis vers 1770 indiquent des champs cultivés, des landes, prairies et pacages. Le problème récurrent de la submersion des rives par les vagues est à nouveau soulevé en 1826. Aussi, les négociations d'achats de terres se poursuivent durant tout le 19e siècle. Toutes les bordures du réservoir doivent être élargies pour une meilleure gestion des francs-bords. Il en est de même pour les terrains proches du parc, au sujet duquel, le 1er mars 1839, est contracté un échange avec le propriétaire Olombel. Après la cession à l'Etat en 1898 du bien du canal, la Compagnie du Canal du Midi reste propriétaire de 180 ha de prés et bois qui dominent le Bassin de Saint-Ferréol qui sont données en fermage en 1899 aux époux Viguier. Dès les années 1900, le site fera l'objet de spéculations immobilières en vue d'aménagements touristiques. La perception a fortement évolué vers la notion de «paysage naturel». En 1900, a lieu une promesse de vente par la Compagnie du Canal du Midi à André Francou. Ses projets immobiliers restent sans suite. Le premier tiers du 20e siècle voit l'essor d'une architecture de villégiature et, vers 1930, celui de la «Station de Saint-Ferréol», avec son club de tennis et de voile. Le trajet de la rigole de dérivation, avec ses ouvrages depuis l'amont à l'aval du bassin, est classé au titre des sites par décret du 16 octobre 2001.