Description historique
La paroisse de Saint-André-de-Carabaisse, sur laquelle est établie le manoir, est détenue par la famille d'Anthé au 12e siècle ; la dîme en est restituée par les frères Raymond de Roquebrune d'Anthé à l'évêque d'Agen au siècle suivant. Il est vraisemblable qu'un édifice fortifié existe dès lors sur le "pech" avoisinant l'église, tertre naturel aménagé en motte. L'aile nord du corps de logis semble en effet médiévale : la large porte de cave, en arc brisé à chambranle arrondi et une porte intérieure du rez-de-chaussée, en arc brisé chanfreiné, sont notamment datables du 13e ou du début du 14e siècle. A la fin de la guerre de Cent Ans, le fief entre dans les possessions des Lustrac, par le mariage de Jeanne de Durfort avec Arnaud, dit Naudonet de Lustrac, écuyer de l'écurie royale et garde de divers châteaux des environs. C'est pour cette famille que l'édifice est transformé entre la fin du 15e siècle et le début du 16e siècle : à l'ancien corps de logis -peut-être flanqué d'une tour- modernisé et agrandi, est greffé un nouveau corps de bâtiment à l'est, doté d'une chapelle domestique. Ces travaux sont menés parallèlement à la construction d'une chapelle funéraire attenante à l'église de Saint-André-de-Carabaisse, entre 1470 et 1530 selon le chanoine Marboutin ; de fait, les baies de la chapelle domestique de Lamothe sont semblables à celles de la chapelle funéraire de Carabaisse. Durant la 1ère moitié du 17e siècle, est édifiée une nouvelle porte d'entrée à la chapelle, peut-être pour Renaud de Guiscard, acquéreur du manoir en 1600, avant que celui-ci ne passe en 1625 dans les possessions de la famille de Carbonnières. Devenu propriété de la famille d'Arlan au 18e siècle, les portes-fenêtres du rez-de-chaussée sur l'élévation nord sont percées à la limite des 18e et 19e siècles. Le cadastre de 1831 montre un édifice sur cour fermé complété par une vaste dépendance rectangulaire et au sud, de nombreuses habitations, l'ensemble étant désigné "village de Lamothe". A la fin du 19e siècle, l'aile ouest est reconstruite, flanquée d'une tour crénelée, réunie à l'aile est par un mur fermant la cour. Les maisons du hameau sont aujourd'hui ruinées.