Cité ouvrière
Dite Cité Mayville
Cité Mayville
Normandie ; Seine-Maritime (76) ; Gonfreville-l'Orcher ; Oudalle (route d') ; Broqueville (avenue de) ; Henri-Paul Schneider (rue)
Oeuvre située en partie sur la commune : Harfleur
Le Havre agglomération
Cité Mayville
Oudalle (route d') ; Broqueville (avenue de) ; Henri-Paul Schneider (rue)
2009 DA ; 2009 DB
En écart
Canal de Tancarville ; la Seine
École ; gymnase ; magasin de commerce ; chapelle ; maison ; logement d'ouvriers ; logement de contremaître
Usine d'armes Schneider, puis usine de moteurs d'avion Hispano-Suiza, puis Aircelle, puis usine de nacelles d'avion Safran Nacelles
IA76000017
1er quart 20e siècle ; 2e quart 20e siècle
1906 ; 1909 ; 1912 ; 1914 ; 1930 ; 1939
Daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques ; daté par travaux historiques
Attribution par source ; attribution par source
Schneider Eugène II (propriétaire ; commanditaire)
La cité ouvrière Mayville est créée en 1906 par la société Schneider pour loger les salariés et leur famille, employés dans la nouvelle usine d'artillerie de Gonfreville l'Orcher. Eugène II Schneider la baptise de ce nom en hommage à sa fille Marie surnommée May. Bien que construite en plusieurs tranches, entre 1906 et 1939, cette cité constitue un ensemble cohérent. Elle occupe un vaste terrain situé sur les communes de Gonfreville l’Orcher et d’Harfleur, entre la route nationale du Havre et le canal de Tancarville. Un réseau viaire régulier découpe le lotissement en îlots rectangulaires. L’axe principal, perpendiculaire à la route nationale, relie la cité à l’usine située de l’autre côté du canal au moyen d’un pont. C’est sur cette voie monumentale, baptisée avenue Schneider (aujourd’hui avenue Charles De Gaulle) que sont édifiés les équipements notamment les deux groupes scolaires.La construction de cette cité est réalisée en plusieurs tranches entre 1906 et 1939, à partir de plans établis par des architectes du Creusot, berceau de l’entreprise Schneider.La première est tranche est réalisée entre 1906 et 1912. Elle occupe la partie est de la cité. La construction débute avec la mise en place de lotissements de 6 à 19 maisons établies sur des terrains d'au moins 200 m2 desservis par de larges avenues parallèles. Elle totalise à son achèvement 128 maisons jumelées de 256 logements répartis en différents types selon la place occupées par les salariés au sein de l'usine. Ce sont pour la majorité des maisons de types A et B, dédiées aux ouvriers et sont placées en bordure de parcelles. Les maisons d'employés, de types D et E sont implantées en milieu de parcelles. En 1908, la société Schneider se substitue à la commune pour construire deux groupes scolaires assurant l’instruction primaire et comportant quatre classes pour les garçons et quatre classes pour les filles. Ils sont signés Henri Landevrault, architecte au Creusot. L'école des garçons ouvre en 1909, celle des filles en 1912. Toutes deux sont entièrement prises en charge par l’entreprise.La deuxième tranche est réalisée de 1912 à 1914 et porte sur un programme de 58 maisons implantées dans la partie ouest de la cité. Elle prolonge ainsi l’urbanisation de l’avenue de Broqueville et porte sur les trois îlots compris entre les rues d’Apremont et de la Boulaye. Toutes les maisons sont de types type C et G et dédiées au personnel encadrant. Chacune est dotée de 4 cheminées en marbre et équipée d’une salle de bain avec baignoire. Pendant la Grande Guerre, 20 petites maisons en rez-de-chaussée, très rapprochées les unes des autres sont construites le long de la rue Henri-Paul Schneider où elles forment un tissu presque continu. La dernière phase, réalisée après-guerre concerne la construction d’une quarantaine de maisons comprenant pour la plupart quatre logements de trois pièces. Certaines complètent le tissu urbain déjà engagé au sud, les autres sont édifiées de l’autre côté de l’embranchement du canal menant à Harfleur où elles forment quatre îlots. Ce nouveau quartier relié à la cité par le pont IX construit dans l’axe de l’avenue de Broqueville.A terme, 900 logements de 2 à 5 pièces sont créés permettant de loger 2 400 habitants. Tous sont dès l’origine dotés de caves, buanderies et jardins et reliés aux réseaux d’eau et de gaz. Étant donné leur qualité constructive, leur confort pour l’époque et leur loyer modique (de l’ordre de 1,50 f à 8 f par mois pour un salaire moyen de 5 f par jour en 1911), les logements de la cité Mayville sont extrêmement prisés et les demandes faîtes auprès du chef du personnel tant par les ouvriers que par les cadres ne peuvent être toutes honorées. L’attraction pour la cité tient également à la présence des deux écoles primaires mais aussi de commerces alimentaires (épicerie, boulangerie, boucherie chevaline, café) implantées le long des avenues Schneider et de Broqueville. Toutes ces boutiques ne disposent pas de devanture mais d’une simple porte donnant accès au magasin. La cité comporte en outre une cantine où les ouvriers viennent se restaurer le midi et une chapelle en bois. Ces équipements sont mis en place après 1918 et complété en 1930, par un petit centre commercial.
Brique ; enduit ; bois
Tuile mécanique
Plan orthogonal
1 étage carré
Toit à longs pans pignon couvert
Toutes les maisons de la cité Mayville se déclinent en 16 modèles différents. Elles sont destinées, en fonction de leur type, aux ouvriers, contremaîtres ou ingénieurs de l’usine. De façon générale, les maisons ouvrières (de type A, B, C et G) sont alignées sur la rue alors que celles destinées aux catégories supérieures (de type D, E, T) sont implantées en milieu de parcelles, en retrait par rapport à la rue. Ces dernières présentent des caractéristiques architecturales intéressantes : colombages apparents, frontons-pignons en façade, bow-windows. Ces logiques d’implantation et ces formes architecturales récurrentes dans les cités Schneider, attestent d'une politique urbanistique cohérente de la société qui traduit dans l’espace social la hiérarchie existant au sein de l’entreprise.
À signaler
Propriété privée
1993
(c) Région Normandie - Inventaire général
1994 ; 2007
Etienne Claire ; Real Emmanuelle ; Chéron Philippe
Sous-dossier
Région Normandie – Service Inventaire du patrimoine