Description historique
L'édification de l'église actuelle s'est effectuée en quatre campagnes principales : le choeur, une partie des murs du transept et des bas-côtés furent construits sous l'abbatiat d'Olivier entre 1205 et 1226 ; après une interruption due sans doute à des problèmes financiers, les travaux reprirent de 1240 à 1255 avec le niveau supérieur des bras du transept, les voûtes des bas-côtés, les grandes arcades et les murs de la nef jusqu'à la coursière, mais en 1255, un incendie endommagea le monastère et l'église en construction. La remise en état et l'achèvement de l'édifice se poursuivirent grâce à l'abbé Guillaume de Vienne (1375 à 1388) , dont les armes bûchées se devinent encore sur des écus portés par des anges sur la clôture latérale de la chapelle du bras sud du transept, puis Jean de Chaudenay-Blaisy (1398 à 1439) dont les armoiries sont sculptées sur les clefs de voûte de la sacristie, du bras sud du transept, de la nef et du porche, ainsi que sur le tympan du portail et l'accolade du porche. Le programme initial fut réduit puisque le mur du porche interrompt le départ d'arcades amorçant le prolongement prévu de la nef. Pierre de Fontette, abbé de 1439 à 1484, fit élever la tour gauche de la façade dont la corniche porte un écu à ses armes, la seconde tour ne fut jamais terminée. Ces différentes campagnes ont laissé des traces de reprise dans la maçonnerie des parties hautes des bras du transept et du vaisseau central de la nef, et les murs des pièces encadrant le porche. Les restaurations du 19e siècle ont également laissé des marques très visibles : en 1840-1841, mur du bas-côté donnant sur l'abbaye réparé, ses fenêtres démurées et ses contreforts reconstruits ; entre 1843 et 1846, arcs-boutants et contreforts sud de la nef refaits sous la direction de l'architecte Petit ; en 1865, réfection des toitures par l'architecte A. Sirodot. L'édifice continuant à se dégrader, une restauration de fond fut envisagée. On fit appel à l'architecte Laisné, et en 1881, d'importants travaux furent entrepris, notamment l'assainissement et le redressement de plusieurs murs, puis interrompus en 1883 faute de crédits. En 1890, un devis de l'architecte dijonnais Mairet, refusé par les Monuments Historiques, fut remplacé par celui de l'architecte Louzier : de 1890 à 1893, le chevet et les voûtes furent réparés, les arcs formerets, les remplages de la coursière du choeur, l'arcade de la chapelle du sépulcre et une partie du muret de la coursière furent refaits, ainsi que la 1ère clef de voûte du choeur. En 1896, Louzier établit un devis supplémentaire pour le rejointoiement des deux premières travées du mur du bas-côté sud, la réfection des supports des chapelles du choeur et des arcs de la travée les précédant, les piliers du transept et ses fenêtres nord. Ces campagnes furent réalisées par Martenot, entrepreneur à Saint-Seine. Les travaux, achevés en 1899, comprenaient aussi la restauration d'une partie du décor d'architecture par l'entreprise de sculpture F. Kansky de Clamart : réfection partielle des motifs décoratifs de chapiteaux et bases de supports ; ces éléments, que l'on peut distinguer, étaient "incrustés" pour remplacer les parties sculptées abîmées [A.D. Côte-d'Or : 2 O 573/10 et études de J. Vallery-Radot, H. Chabeuf et P. Kurmann].