Description historique
Attesté dès le 11e siècle, le moulin Saint-Paul est fortifié pour garantir l'approvisionnement de la ville en cas de siège et, entre 1675 et 1695, lors de la construction de la ceinture de fortifications urbaine, Vauban l'englobe dans un bastion triangulaire. En 1782, il est condamné à être démoli car jugé, parmi les 5 moulins de Besançon, plus particulièrement responsable des inondations touchant la ville. La démolition est effective à la fin de la décennie 1820. Le projet définitif du canal du Rhône au Rhin prévoit en 1826 son passage en lit de rivière dans la " boucle " du Doubs et, outre la destruction de 3 des 4 moulins subsistant, la reconstruction du barrage Saint-Paul, avec une écluse rive gauche et une portière de flottage vers la rive droite pour laisser passer les bois (portière fermée en 1848). Les travaux sont confiés au Génie militaire et l'écluse n° 50 est mise en service le 3 juin 1832. L'emplacement de la maison éclusière - sur le rempart ou à l'extérieur - et sa forme - bâtiment fortifié ou non - sont l'objet de querelles entre les services si bien qu'elle n'est remise à l'administration du canal qu'en 1838. Le moulin est quant à lui rebâti entre 1832 et 1846 par le Génie militaire, soucieux de conserver un " moulin de siège ". En 1886, année de la reconstruction du moulin, le site de Saint-Paul est occupé côté Doubs par un établissement de douches installé sur le barrage et concédé à Daley, propriétaire du bateau des bains immédiatement à l'aval, et, en aval du pont, par les bateaux-lavoirs de Déliot, Decey, Amaudru et Moussault (dix autres sont signalés à Besançon à cette date). Dans cette zone, le perré extérieur de la digue (côté Doubs) est réparé en 1906 par l'entrepreneur bisontin Auguste Billey, suivant un projet de l'ingénieur Laureaux. La mise en service du tunnel sous la citadelle en 1882 s'accompagnant d'une baisse du trafic dans la " boucle ", l'écluse n'est pas agrandie au gabarit Freycinet et est même fermée en 1924. Le poste d'observation et d'annonces des crues, tenu par l'éclusier de Saint-Paul, est alors transféré à l'écluse n° 50 N, à Tarragnoz. Suite au déclassement des fortifications de Besançon en 1911-1912 et à la désaffectation du moulin en 1928, l'administration militaire remet en 1935 le site à la Navigation, qui se le réserve pour y transférer ses services. La " boucle " étant ouverte à la navigation de plaisance en 1980, la municipalité fait, en 1988, réparer l'écluse et aménager une halte nautique en aval d'elle. Cette décennie voit aussi la disparition du bâtiment préfabriqué installé par la municipalité au nord-est de la maison d'éclusier (parcelle AH 13) pour abriter un théâtre. Actuellement, le moulin héberge des bureaux (dont ceux de Voies navigables de France) et la maison est utilisée comme espace technique et de vie pour la halte nautique. Le site est doublement protégé : inscription au titre des sites le 30 septembre 1942 des terrains, bâtiments et plan d'eau situés entre le pont de Bregille et le pont de la République, classement au titre des Monuments historiques le 28 octobre suivant des anciens remparts avec un zonage incluant l'écluse et le moulin.