Description historique
Après les projets de halle aux blés et maison commune présentés par les architectes Joseph-Gabriel Blondeau, de Champagnole, en 1808 et Claude-André Attiret, de Lons-le-Saunier, en 1813, le Bisontin Denis-Philibert Lapret rédige le sien en 1817 : trois corps de bâtiment encadrant une cour intérieure forment un U ouvert à l'ouest ; à l'est, la façade donne sur la grande route (actuelle rue de la République). Modifié l'année suivante (suppression provisoire de l'étage) , ce projet est accepté et les travaux sont adjugés le 26 octobre 1818 (ils s'achèveront en 1821). Lors d'une reconnaissance le 19 avril 1820, Lapret constate que les murs du rez-de-chaussée sont lézardés si bien qu'il sera impossible de construire l'étage envisagé. Une extension est donc envisagée pour accueillir mairie, justice de paix et halle aux vins. L'architecte d'arrondissement Claude-Marie Dalloz la situe au nord en 1835 : bâtiment des " petits caveaux " adossé au mur nord de la halle existante et corps de sept travées réservé à l'administration dans le prolongement de celui au long de la grande route. La construction est confiée en 1836 aux entrepreneurs Ponard et Prost. Le corps principal est agrandi par la construction en 1846 d'une remise pour les pompes à incendie (architecte René-Léon-Victor Pourchot, de Lons-le-Saunier) , elle-même surélevée en 1849 (architecte Vital Ponard, de Morez). Le site accueille aussi un bureau des douanes en 1849, une école communale d'" horlogerie en petit " (fabrication des montres) de 1855 à 1861-1862, un bureau télégraphique de 1860 à 1897, deux écoles de filles à partir de 1862, etc. Dans sa séance du 26 juillet 1876, le Conseil municipal élabore un programme pour la reconstruction de ses écoles : il en prévoit une à chaque extrémité de la ville, celles du centre devant être réunies à la mairie dans une nouvelle construction. Un premier projet rédigé le 22 juin 1877 par l'architecte Achille Paillot (de Lons-le-Saunier) demeurant sans suite, la municipalité organise en 1879 un concours public d'architectes, où sont présentés 11 projets. Elle retient en avril 1880 celui de Tony Ferret (architecte départemental de l'Ain en 1884) , établi à Bourg-en-Bresse, et d'Adrien Pinchard, de Mâcon. Une nouvelle version en est donnée le 1er août 1882, pour tenir compte du " Règlement pour la construction et l'ameublement des maisons d'école " du 17 juin 1880. Le programme complet prévoit : mairie, justice de paix, poste de police, conciergerie, logements, école maternelle, écoles primaires de garçons et de filles, dortoirs, musée, gymnase, remise des pompes à incendie, à quoi s'ajoutera une école pratique d'industrie (créée en 1895). Débordant l'emprise des bâtiments existants, qui seront détruits, la nouvelle construction impose de refaire le canal d'amenée de l'usine aval, qu'elle enjambe. L'adjudication des travaux a lieu le 31 octobre 1887, leur réception provisoire 26 août 1891, l'inauguration officielle le 10 août 1890 en présence du ministre des Travaux publics Yves Guyot. Les sculptures (motif aux armes de la ville, 6 chapiteaux et 6 pendentifs) sont réalisées début novembre 1893 par G. Delorme, de Mâcon. Des aménagements sont ensuite apportés à l'école pratique, en expansion depuis l'ouverture d'une section lunetterie en 1904 puis d'une section commerciale en 1907. Après incendie détruisant le 11 mars 1923 une partie du comble de l'aile orientale, un deuxième étage est ajouté à cette aile par l'architecte Thévenaz, de la maison Simon et Couchepin. Devenue Ecole nationale professionnelle en 1925, l'école pratique quitte le site en 1932 lorsqu'un nouveau bâtiment lui est dédié, de même que le musée en 2003. La mairie est inscrite sur l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques le 25 juillet 2005.