Commentaire descriptif de l'édifice
L’hôpital psychiatrique occupe un site d’une superficie de 11 hectares, en partie fermé par un mur maçonné. Il est composé de trois grandes ailes organisées selon un plan en « U ». Chaque aile comprend plusieurs pavillons destinés à l’accueil des patients. Bâtis autour de cours, ils sont reliés entre eux par des galeries couvertes sur deux niveaux. Des galeries souterraines qui intègrent le réseau de distribution des fluides permettent de faciliter le déplacement du personnel et d’acheminer les repas dans chaque pavillon.£Les pavillons côté sud accueillaient initialement les hommes, et ceux situés au nord les femmes. Leurs cours respectives, très arborées, ont conservé les bancs fabriqués dans les ateliers de l’hôpital. Les toilettes ont disparu et les bassins qui agrémentaient la cour des femmes ont été comblés.£Les principaux locaux techniques, en grande partie désaffectés aujourd’hui, sont répartis à l’ouest autour d’une vaste cour avec une allée centrale plantée de tilleuls : à l’est l’ancienne cuisine centrale, dite « la Rotonde », au sud le bâtiment dit « de l’alimentation » ayant servi de logement pour les membres de la communauté religieuse, au nord le bâtiment dit de la « buanderie-lingerie » ayant aussi accueilli l’atelier de couture, enfin à l’ouest la chaufferie, actuel bâtiment des services généraux. L’hôpital comprend aussi l’ancienne conciergerie, située à l’entrée nord et accompagnée d'une bascule, la chapelle Sainte-Cécile bâtie dans l’ancienne cour des religieuses, les deux anciens bâtiments d’hydrothérapie aux angles nord-est et sud-est, des réservoirs, plusieurs maisons pour les médecins, des pavillons disjoints (bâtiment Saint-Pierre et Saint-Marc, et bâtiments dits Post-scriptum) et un gymnase couvert.£À l’écart de cet ensemble se trouvent deux villas indépendantes situées face à l'entrée nord, un ensemble agricole bâti sur l'emplacement d'une ancienne ferme, ainsi qu'une chapelle associée à un cimetière accessible par une allée plantée d’arbres, réservés aux malades et aux membres de la communauté religieuse.£L’actuel bâtiment d’accueil, au centre de l’aile orientale, témoigne du projet de construction initial de la chapelle. En façade ouest, le porche en plein-cintre est surmonté d’un clocher-peigne qui accueille trois cloches. Celles-ci portent des inscriptions et des dédicaces et sonnent chacune une note (au nord, do, au centre, la, au sud, mi). Au rez-de-chaussée de ce pavillon, les murs du hall central sont très épais, avec des ouvertures très ébrasées. Au nord et au sud du hall central, deux grands escaliers Art déco permettent d’accéder aux étages. Ils sont munis de claustras en béton, dessinant des losanges ou des cercles, et de ferronneries.£Les neuf pavillons conservés sur les onze construits avant 1955 possèdent les mêmes caractéristiques architecturales : ils sont bâtis en pierre calcaire, les planchers et les escaliers sont en béton armé, la charpente métallique supporte une couverture en tuiles mécaniques. Le mur-pignon côté cour est couronné d’un fronton en pierre sculpté d’une croix. Des inscriptions rendent hommage aux hommes ou aux femmes, telle que Marie-Agnès qui fut la première supérieure de la communauté. Le décor se concentre essentiellement autour des baies : remplissage des allèges en brique, tympan composés de galets noyés dans le ciment, arcs en brique. De plus, la partie supérieure des façades avant et latérales est soulignée par un bandeau de ciment vermiculé. La plupart des fenêtres sont munies de grilles destinées à assurer la sécurité des malades. Cette même nécessité de sécurité a imposé la mise en place de grilles dans les escaliers.£Un grand soin a été apporté aux menuiseries, réalisées in situ par les ateliers de l’asile, en particulier à l’entrée des pavillons : de style Art déco, les portes à petits bois dessinent des motifs géométriques simples et sont dotés de verres granités colorés. Certaines salles ont par ailleurs conservé leur revêtement de sol en carreaux de ciment, ou leurs lambris.£Un pavillon comprenait initialement une unité de soin par niveau, gérée par plusieurs religieuses-infirmières. Chaque unité comportait un petit et un grand dortoir, des chambres individuelles, une cuisine, une salle à manger, une salle de bain et des cabinets de toilette. En complément de l’ergothérapie (travail agricole), l’établissement était doté des équipements les plus modernes en matière de soin thérapeutique. Une salle était dédiée aux électrochocs. En outre, les salles d’hydrothérapie situées dans les bâtiments en croix latine étaient recouvertes de faïence et comportaient de nombreuses baignoires destinées au traitement par jet d’eau.