Description historique
Destinée à desservir, à Tourcoing, le quartier populaire de l'Epidème dont la population était estimée à 3 500 habitants à la fin du XIXe siècle, la nouvelle paroisse a été placée sous le vocable de saint Louis, roi de France localement vénéré aussi comme patron des lainiers. Son emprise est formée de la réunion d'une partie du territoire de la paroisse Saint-Christophe et d'une section de celle du Sacré-Cœur, auxquelles leurs curés respectifs renoncent par acte en date du 30 septembre 1895 (Archives du diocèse de Lille, 4C 363). Les terrains nécessaires à l'édification ont été offerts par M. Scalabre-Delcour et M. Lorthiois-Delobel, sans doute à la personne du curé-doyen de Saint-Christophe, Désiré Van Bockstael, puisque celui-ci fait donation à la ville de Tourcoing, le 26 novembre 1895, des église et presbytère de Saint-Louis.Anticipant ces actes officiels, le 10 juin 1894, Mgr. Henri Monnier, évêque de Lydda, avait posé la première pierre de l'église. Le financement était assuré par le biais d'une souscription. Les plans (non retrouvés) étaient dus à l'architecte tourquennois Louis Croin (1843 - 1902) , qui avait fourni un premier devis et cahier des charges dès le 8 décembre 1892 ; la réalisation échut à Louis Pannetat, entrepreneur de travaux installé à Tourcoing. Les travaux de menuiserie furent confiés à Jean-Baptiste Van Welden, de Roubaix, la sculpture à Edmond Vergin, 83 rue Verte à Tourcoing (chapiteaux en pierre blanche, ornements en plâtre). Le 2 décembre 1896, Mgr. Sonnois, archevêque de Cambrai, procéda à la consécration de l'édifice, dont une facture du 28 novembre de cette même année, pour la fourniture de 800 chaises et 200 prie-Dieu, permet d'apprécier la capacité d'accueil de celle-ci. À cette date, le vaisseau central n'était pas encore précédé de la tour-porche ; la réalisation de celle-ci par l'entrepreneur roubaisien Paul Dhalluin, toujours sur les plans de Louis Croin, intervint en 1897. Des fissures remarquées dès l'achèvement firent l'objet d'un rapport destiné au maire et rédigé par les architectes Henri Cannissié, Émile Vandenbergh et Carlos Batteur, qui conclurent à l'absence de véritable danger et affirmèrent la confiance qu'ils mettaient dans les compétences de Croin. Les métrés fournis par l'architecte le 11 juin 1901, en même temps que ceux de la sacristie, étaient sans doute destinés à la réception de travaux (procès-verbal non conservé) et au règlement des corps de métiers qui avaient œuvré à cette dernière tranche de travaux. L'impulsion générale des travaux est à mettre à l'actif du curé Emile Descamps (1865 - 1948) , en charge de la nouvelle fondation de 1895 à 1904. Homme d'envergure, futur vicaire général du nouveau diocèse de Lille dès la fondation de celui-ci en 1913, il créa (et finança en grande partie) dans les mêmes années, sur le territoire de la nouvelle paroisse, le presbytère, la maison du sacristain, le cercle et le patronage Saint-Louis, les écoles de filles et de garçons, l'école maternelle. Ceci explique que l'essentiel des archives concernant cette construction soit conservé dans le fonds Mgr. Descamps des archives diocésaines de Lille (et non aux archives municipales de Tourcoing, ni aux archives départementales du Nord).Des modifications ont été apportées à la façade et à la tour, peut-être suite à des destructions intervenues lors des conflits mondiaux : simplification du décor de la flèche (disparition des effets de polychromie des ardoises, des auvents de bois, du garde-corps couronnant la tour) , destruction des toitures en poivrière des tourelles d'escalier et des frises de briques des rampants de pignon des bas-côtés.En mauvais état (effondrement partiel des fausses voûtes) , l'église est fermée depuis juin 2002, et son sort à cette période est incertain. En 2009, elle est désacralisée par arrêté préfectoral avec l'accord du diocèse de Lille ; vendue par la commune en 2011, elle est aujourd'hui transformée en espace culturel et chantier-école (2024).