Description historique
Lors de la concession à Paulin Talabot de la compagnie de la ligne Avignon-Marseille en 1843, le choix est fait d'installer le dépôt et les principaux ateliers de réparation et d'entretien du matériel roulant à Arles, qui se trouve au milieu de la ligne. Fin 1843, le site de l'ancienne nécropole des Alyscamps est retenu, et le chantier commence en 1845. Les ateliers entrent en service dès 1848, mais les travaux ne sont achevés qu'en 1856. Entre temps, la compagnie a fusionné avec celle du Lyon-Avignon, puis avec celle du Paris-Lyon. Les ateliers vont de ce fait, et aussi à cause de l'importante augmentation du trafic, connaître d'incessantes transformations qui aboutissent dans les années 1880 aux plus importants des remaniements qu'a connus le site. Certaines constructions d'origine sont conservées et agrandies à l'identique : l'atelier de carrossage qui devient alors celui des roues, les forges, le montage. D'autres, comme les rotondes rendues obsolètes par le transfert à Lyon de l'activité de dépôt, sont détruites. D'autres enfin, comme la chaudronnerie de fer sont entièrement reconstruites. C'est à ce moment-là que les ateliers d'Arles se spécialisent dans la fabrication et la réparation des locomotives à vapeur pour l'ensemble du PLM. Jusque dans les années 1930, cette situation évoluera peu, ce qui explique que les ateliers aient, pour l'essentiel, conservé leur aspect architectural des années 1890. Mais cela explique aussi leur déclin. Cantonnés dans la traction vapeur, ils sont peu à peu condamnés par le développement des autres modes de traction. Et par manque de modernisation, ils sont même de moins en moins capables d'assurer les réparations des machines à vapeur les plus récentes. La crise économique conduit en 1933 au transfert aux ateliers d'Oullins (69) de la réparation des locomotives. Arles doit alors se contenter de l'entretien et des réparations de pièces moins importantes. C'est donc un site en difficulté qui est intégré en 1937 à la nouvelle Société nationale des chemins de fer, et les années 1950 sont l'époque des premières destructions importantes. A la fermeture des ateliers en 1984, le parc de machines-outils est entièrement dispersé, la grande cheminée est détruite, et des incendies ravagent une part importante des bâtiments. Utilisés depuis par la Sncf comme entrepôts ou comme centre de formation, mis partiellement à disposition d'organisations caritatives ou de manifestation culturelles comme les Rencontres internationales de la photographie qui leur redonnent vie, les ateliers d'Arles font l'objet d'importants projets de reconversion, depuis la fin des années 1990 pour la partie située à l'est des voies et depuis 2006 pour celle qui lui fait face côté ouest. Les effectifs des ouvriers employés aux ateliers d'Arles ont connu de nombreuses évolutions. Environ 1000 ouvriers y travaillent vers 1900. Ce chiffre se porte brièvement à plus de 1800 après la Première Guerre mondiale, avant les licenciements massifs consécutifs à l'important mouvement de grève de 1920 qui fait retomber les effectifs à environ 1300 personnes. Le déclin est ensuite régulier jusqu'à la fermeture, à l'exception d'un nouveau pic de 900 personnes atteint en pleine reconstruction au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Trois maisons ont été construites pour loger les principaux ingénieurs des ateliers.