Description historique
l'édifice succède au monastère bénédictin Saint-Pé-de-Générez fondé en 1022 par le duc Sanche de Gascogne. Le monastère connait rapidement une période de prospérité qui va durer jusqu'au 13e siècles. Une consécration de l'église abbatiale intervient en 1096. Les vestiges conservés attestent d'une importante campagne de travaux vers la fin du 12e siècle. La cession de droits sur la forêt de Trescroutz en 1281 marque la dernière donation importante même si elle ne cessera d'être contestée.£L'église est construite au sud de l'abbaye, flanquée au nord par le cloître. Côté est devaient se trouver sacristie, salle capitulaire et dortoir, au nord l'aile du réfectoire, à l'ouest le logis abbatial et ses dépendances. A l'orient, d'autres dépendances bordaient une basse cour.£Le 14e siècle est une période difficile avec les ravages de la guerre de Cent ans et la mainmise du sénéchal de Bigorre sur les domaines et droits des moines. Des luttes internes divisent les religieux lors des nominations abbatiales et les rentes foncières sont accaparées par des seigneurs locaux. Les lieux, mal entretenus, subissent attaques et occupations par les troupes royales.£En 1569 la ville est le monastère sont pris et incendiés. A la suite de ces évènements une partie des lieux est restaurée par les moines et la population, en particulier l'aile nord et le logis de l'abbé, ainsi que l'église. Au 17e siècle l'abbaye est confiée aux bénédictins de Saint-Maur, déjà présents à Saint-Savin. En 1659, le frère Plouvier visite l'abbaye et en propose une restauration. Plusieurs plans sont établis qui donnent une vision des constructions à cette époque. L'ancien réfectoire est alors transformé en grange, l'aile est et ouest sont ruinées. Les quelques religieux se logent dans plusieurs appartements dispersés. Deux ailes du cloître (ouest et sud) sont à terre. Le chantier tarde à commencer et, en 1661, la tour-lanterne de l'abbatiale s'effondre en aggravant la ruine des bâtiments. Un nouveau projet est proposé en 1678 par le frère Poumet.£Les Mauristes arrivent en 1666 en investissent l'aile septentrionale restaurée en urgence. En 1681 la galerie nord du cloître est pourvue d'un étage pour faciliter la communication entre les salles du premier niveau. La priorité est avant tout la restauration de l'abbatiale qui prend fin au début des années 1680, puis c'est le tour des bâtiments réguliers.£Entre 1684 et 1689 l'aile est est entièrement rebâtie avec refectoire, galerie de cloître et deux étages de dortoirs. C'est la seule partie du monastère subsistant de nos jours.£En 1791 les derniers moines quittent les lieux qui sont vendus, dépouillés de leur mobilier et loués à plusieurs familles. La mairie est installée dans l'ancien logis abbatial et ses annexes.£Dès 1810 un projet de séminaire est évoqué mais il ne devient effectif que douze ans plus tard, grâce à l'activite de l'abbé Procope Lassalle, natif de Saint-Pé qui rachète les lieux et les offre au diocèse.£Le petit séminaire est fondé le 9 août 1822 et dirigé à ses débuts par le futur Monseigneur Bertrand-Sévère Laurence, né le 7 septembre 1790 et ordonné prêtre le 29 avril 1821. Nommé évêque de Tarbes le 31 décembre 1844, c'est lui qui doit faire face aux apparitions mariales de Lourdes. Il meurt à Rome le 30 janvier 1870. La monumentale statue dans la cour d'entrée (IM65001248) a été érigée après son décès pour lui rendre effectivement hommage. L'abbé Lassalle, en souvenir duquel une statue est aussi érigée, est associé à cette commémoration.£Cette nouvelle affectation va entrainer de profonds remaniements des lieux. Les différents bâtiments du séminaire et en particulièrement ceux s'organisant autour du cloître et de la cour d'entrée sont pour la plupart datés en chiffres romains. On peut distinguer au moins 3 campagnes successives de construction. L'aile nord donnant sur le parc, ancienne infirmerie et hôtellerie des moines, est reconstruite en 1840 (date portée). Au sud la chapelle du petit séminaire est bâtie à partir de 1856 par l'architecte Dausset et semble être achevée en 1858 (date portée). Son abside reçoit en 1860 le décor de peinture monumentale d'Anatole Dauvergne (IM65001218). En 1877, des photographies du cloître montrent que l'aile ouest fermant celui-ci n'est pas construite, un simple préau ou galerie couverte reliant l'aile nord à la chapelle. Le bâtiment dit des externes, à l'ouest, au-delà de l'autre cour, est déjà présent, sans doute édifié dans les années 1840-1860. En 1883, après allongement de l'aile septentrionale vers l'ouest, est construite l'aile occidentale fermant définitivement le cloître. La date portée de 1883 sur cette aile ouest correspond également à la mise en place de la galerie métallique couverte reliant les ailes est et ouest et permettant de desservir la chapelle. L'horloge d'édifice de l'aile ouest porte la signature de l'horloger Lusse, actif à Marçay (Indre-et-Loire). La chapelle du petit séminaire est également agrandie, en 1883, vers l'ouest avec un vestibule remployant des colonnettes du cloître médiéval. La chapelle est alors restaurée, avec la mise en place d'un nouveau décor de peintures monumentales complétant celles exécutées en 1859 par le peintre décorateur tarbais Darré et qui en est de nouveau l'artisan.£Dans les années 1890 l'oratoire de Notre-Dame du Petit séminaire est bâti au sud du vestibule. Dans les années 1930 la chapelle est remaniée sous la conduite de l'architecte Martin : les anciens décors peints sont recouverts, à l'exception de ceux éxécutés par Dauvergne et de nouvelles verrières sont mises en place. En 1947 la Maison Puget, de Toulouse, fournit un orgue pour la tribune.£A l'est les dépendances entourant l'ancienne basse cour sont aussi remaniées aux 19e et 20e siècles pour abriter boulangerie, grange, atleliers et salles de classe. Au nord l'ancien enclos monastique est agrandi est aménagé avec jardin, bosquets, récréation et bassin de natation. Plusieurs bâtiments sont construits au cours du 20e siècle, en particulier ceux dévolus aux activités sportives. En 1969 la commune rachète la partie située au sud de la chapelle ce qui entraine la démolition du grand portail, de la sacristie et de dépendances.£Le petit séminaire est actif jusqu'à la Première Guerre mondiale avant de changer partiellement de vocation, devenant une école secondaire catholique sous le titre d'Institut Secondaire Libre Saint-Pierre. Le nombre d'élèves de l'Institut Saint-Pierre compte jusqu'à 250 pensionnaires et 380 élèves en 1990. Le départ définitif des élèves pour Tarbes a lieu en août 1999. Le bâtiment, propriété de l'association amicale des anciens élèves, est actuellement à l'abandon et en attente d'une réaffectation.