Commentaire concernant l'attribution de l'édifice
attribution par source ; attribution par source ; attribution par source ; attribution par source ; attribution par source ; attribution par source ; attribution par source
Description historique
En 1773, le corps municipal (le « Magistrat ») décide de procéder à la reconstruction de l’hôtel de ville, sans remettre en cause l’emplacement de celui-ci.Cependant, le duc Emmanuel de Croÿ (1718-1784), seigneur et gouverneur de la ville (charge qu'il occupe de 1763 à 1776, et qui revient ensuite à son fils Anne-Emmanuel), influe fortement sur le processus et sur les travaux : inspiration générale du projet architectural (préalablement soumis en 1754 à l'architecte Pierre Contant d'Ivry), choix du maître d'œuvre - l'ingénieur militaire Pierre Louis Georges du Buat (1734-1809), ingénieur en chef à Condé, qui lui est personnellement lié -, et suivi attentif du chantier. Le financement du projet par la ville, difficile, est abondé par le duc (en nature par fourniture de bois, et en argent), par l'intendant de Hainaut Louis Gabriel Taboureau des Réaux (1718-1782) et par le recours à des expédients financiers divers. En effet, estimée à 45 000 livres en 1773, la dépense de reconstruction est soldée en 1789 pour un montant de 172 139 livres. Débutés en 1773, les travaux de construction sont bien avancés en 1777 (date portée sur la charpente de la maison de gauche) et peuvent être considérés comme achevés en 1785. Dans le but d'embellir la place, les trois maisons particulières qui flanquent l'hôtel de ville sont reconstruites dans le même temps et semblent former les ailes d'un grand édifice dont le corps central abriterait l'hôtel de ville. En plus des fonctions propres à celui-ci, il est prévu que ce corps de bâtiment accueille une halle, en rez-de-chaussée, sorte de prolongement couvert de la place publique, et une salle de justice ("salle d'audience"). Dans la liste des exécutants mentionnés par les comptes, on relève les noms de Louis Dupommereuille, menuisier, qui réalise de nombreux ouvrages, en particulier la porte principale à deux vantaux et tympan sculptés, et du sculpteur valenciennois Richard Fernet (1735-1810), auteur du décor de la façade et (d'une partie seulement ?) de celui de la salle de justice. Les aménagements intérieurs, loin d'être achevés en 1789, sont repris au début du XIXe siècle ; sous la direction de l'architecte du département, le Valenciennois Deleau, sont ainsi mis en place en 1812 les lambris de la salle du conseil, puis en 1821 la rampe d'appui de l'escalier principal. En 1820, Deleau propose l'installation d'un garde-corps en fer ceignant la plate-forme sommitale. À partir de 1826, les châssis à petits bois sont progressivement remplacés par des châssis à "grands carreaux". En 1844-1845, l'architecte départemental Alexandre Grimault fait poser un dallage de marbre dans l'ancienne halle, qui sert depuis lors et jusqu'à ce jour de vestibule (sous le nom un peu abusif de "salle des gardes"), et dirige la restauration de la façade de 1852 à 1857 (reprise de maçonneries, ragréage). Louis Dutouquet prend sa suite, renforce la structure du bâtiment par la pose d'ancrages (1860-1863), poursuit la restauration des extérieurs (1878-1880). Quant aux maisons jouxtant le corps central, deux d'entre elles (mais lesquelles ?) sont achetées par la ville dès 1774. On constate que celle de gauche (en regardant l'hôtel de ville) est propriété communale en 1815. Les étages sont occupés par l'administration municipale, le rez-de-chaussée et l'entresol sont loués. À droite, la maison d'angle est acquise par la commune en 1838 puis mise en location jusque dans le premier tiers du XXe siècle. La maison située entre celle-ci et le corps central relève déjà en 1838 de la propriété et de l'usage de la ville. Vers 1920, les fonctions municipales occupent donc l'ensemble de la construction, le processus d'absorption des maisons particulières par l'hôtel de ville est achevé.